"1000 bornes de recharge pour les véhicules électriques: on est le mauvais élève de l'Europe"

La 98e édition du Salon de l’Auto a ouvert ses portes au grand public hier au Heysel à Bruxelles. Jusqu’au 19 janvier prochain, les milliers de visiteurs pourront fouler les 100.000 m2 de Brussels Expo avec ses 160 exposants, ses 540 motos et ses 690 voitures.

A côté des voitures essence et diesel destinées à disparaître à long terme, les voitures électriques font peu à peu leur place sur le marché… avec leur lot de questions pour les automobilistes. Ces voitures électriques ne représentent toutefois pour le moment que 0,3% de l’ensemble des voitures privées selon Statbel, soit 15.338 véhicules.

L’ASBL “AMPERes” (Association pour la Mobilité Propre, Electrique et RESponsable) regroupe des utilisateurs qui ont fait le pari de la voiture électrique, et se donne la mission de sensibiliser les acteurs publics et privés sur les avantages de la mobilité électrique.

1.La voiture électrique coûte-t-elle plus cher ?

Une voiture électrique coûte actuellement plus cher à l’achat qu’une voiture thermique. Selon l’ASBL, il faut compter en moyenne entre 20.000 euros (comme pour la Renault Zoé batterie 22 kW) et 100.000 euros (Tesla model S batterie 100 kW).

Mais il faut calculer le coût au kilomètre sur toute la durée de vie de votre véhicule. Entre 40.000 et 60.000 km, le prix du kilomètre devient bien plus avantageux” explique Bruno Claessens, président de l’ASBL AMPERes. “Une fois que l’achat est fait, on n’a plus de frais de carburant. Les taxes [liées au diesel] et les frais d’entretien sont également réduits. A long terme, la comparaison est nettement à l’avantage du véhicule électrique.”

2.La voiture électrique demande-t-elle plus d’entretien ?

La voiture électrique demande peu d’entretien : un système moteur simplifié, moins de pièces de rotation, moins d’usure, pas d’embrayage, pas de vitesses. Récemment, j’ai fait un entretien qui m’a coûté 84 euros. Je contrôle éventuellement de temps en temps les pneus et les plaquettes de freins qui s’usent dans tous les cas moins qu’avec une voiture thermique.”

Les batteries posent toutefois problème : en cas de remplacement, leur prix reste important. Soyons optimistes : on se met à fabriquer des batteries en grand nombre à échelle industrielle, ce qui va forcément pousser le prix des batteries vers le bas.

3. La voiture électrique est-elle plus écologique ?

Outre le silence de son fonctionnement – moins de pollution sonore donc, la voiture électrique est bien plus écologique qu’une voiture thermique. En moyenne, en Europe, on parle de 55% de réduction des émissions des CO2. Le bilan carbone est toujours plus favorable pour un véhicule électrique dans un pays européen.”

Néanmoins, son empreinte carbone n’est pas nulle, car il faut tenir compte de la pollution due à la production de l’électricité et des batteries - même si elles sont recyclables, elles nécessitent des composants chimiques dans leur fabrication -, ainsi que des particules produites par l’usure des pneus et des freins.

4. La voiture électrique est-elle facilement rechargeable ?

La voiture électrique présente un double inconvénient : le manque de points de recharge en Belgique et le temps de recharge des batteries. Bruno Claessens souhaite toutefois relativiser ce constat : “L’autonomie des véhicules électriques ne cesse d’augmenter. Pour ma première voiture, j’avais une autonomie de 150 km. Les modèles sur le marché offrent aujourd’hui une autonomie de 400 km, voire 500 km.

Les bornes se multiplient aujourd’hui dans les espaces publics, mais encore trop lentement. “Aux Pays-Bas, 42.000 bornes. En France : 25.000 bornes. Chez nous : 1000 bornes à la grosse louche. On est le mauvais élève de l’Europe, on est vraiment en retard.”

Des moyens sont développés pour permettre aux automobilistes de trouver facilement des bornes et de s’assurer de leur bon fonctionnement comme l’application ChargeMap où les membres de la communauté recensent les bornes publiques disponibles. “Lorsqu’on roule en voiture électrique et qu’on connaît son itinéraire, on arrive très vite à connaître et à repérer par cœur les bornes dont on aura besoin.” Au risque de tomber sur une borne déjà occupée…

5. La voiture électrique prend-elle du temps à se recharger ?

Le temps de rechargement peut aussi jouer sur les nerfs et la patience des automobilistes… De nouveau tout dépend du véhicule, de la batterie, des kilomètres à parcourir ou de la puissance de la bornePar exemple avec une prise domestique, près de 20 heures sont nécessaires… Par contre avec les bornes à charge rapide, quelques minutes suffisent, même si cela reste malgré tout plus long qu’un plein de carburant traditionnel.

Bruno Claessens a privilégié une voie médiane en installant chez lui une borne à rechargement lente – dont le coût se situe entre 1500 et 2000 euros : son véhicule recharge ainsi plusieurs heures pendant la nuit. “Patienter 20 minutes pour un rechargement m’arrive très rarement. Le matin, je pars avec une batterie rechargée et une autonomie de 300 km. Or, je fais rarement 300 km en une journée.”

Encore faut-il avoir la possibilité d’installer une telle borne à son domicile… Que faire par exemple si on habite en ville dans un immeuble ou dans une maison deux façades ? “Je lance un appel aux autorités qui doivent absolument mettre les bouchées doubles pour créer des espaces publics équipés de bornes de rechargement en grand nombre.” A noter qu’utiliser ces bornes électriques publiques est également payantmais cela reste toujours moins cher qu’un plein de carburant.”

Toutes les informations se retrouvent sur le site internet de l’ASBL avec une FAQ très complète, des actus sur les voitures électriques et des analyses.

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