Salah Abdeslam était "poli, respectueux et coopératif", selon son premier avocat

Me Alexandre Kasongo, le tout premier avocat de Salah Abdeslam
Me Alexandre Kasongo, le tout premier avocat de Salah Abdeslam - © Tous droits réservés

"Je n’aime pas beaucoup l’exposition médiatique. Je préfère la discrétion", glisse Alexandre Kasongo Mukendi en s'asseyant sous les colonnes vertigineuses du Palais de Justice. Jusqu’ici, l’avocat s’était très peu exprimé sur sa rencontre avec Salah Abdeslam.

Le matin du 19 mars 2016, il est encore chez lui quand il reçoit un appel de la permanence qui gère les avocats commis d’office. Il est question d’assister un "suspect majeur". Il ne sait pas de qui il s’agit. Mais il accepte. Lorsqu’il entend le nom de Salah Abdeslam, il est trop tard pour changer d’avis.

Leur première rencontre se déroule deux heures plus tard dans un couloir du siège de la Police fédérale. L’unique survivant des commandos djihadistes de Paris est allongé sur un brancard. La veille, lors de son arrestation à Molenbeek, il avait tenté de fuir et a reçu une balle dans le genou. Il est garde à vue et doit être présenté à un juge d’instruction. L’avocat a peu de temps. Une demi-heure pour parler avec lui des éléments du dossier.

"J’ai été étonné", confie-t-il. "Il n’était pas du tout tel qu’il était présenté dans la presse". Maître Kasongo se souvient d’un homme "gentil, poli, respectueux". "On a bien parlé avec lui", souligne-t-il.

Je m’attendais à voir un monstre mais ce n’était pas du tout ça

Le portrait tranche avec celui qu’en font ses actuels avocats. Depuis des mois, Salah Abdeslam s’est muré dans le silence. Au point que ses défenseurs ont failli jeter l’éponge. Maître Kasongo, lui, décrit un jeune homme calme, serein, coopératif et psychologiquement préparé à affronter de longues procédures judiciaires.

Peu de temps après leur première rencontre, l’avocat a passé le relais à Sven Mary et son confrère français Franck Breton. Mais il a encore rencontré plusieurs fois le terroriste présumé à la prison de Bruges.

Salah Abdeslam a-t-il, lors de ces entretiens, émis des regrets? A-t-il reconnu certains faits? A-t-il fourni des explication sur la ceinture d’explosifs retrouvée et qui lui est attribuée? Alexandre Kasongo n’en dira rien. Il est toujours tenu par son secret professionnel.

Ce 5 février, Salah Abdeslam comparaitra pour la première fois devant un tribunal, à Bruxelles. Il devra répondre de sa participation à la fusillade intervenue lors de l’opération de police menée rue du Dries à Forest.

Maintenu à l’isolement dans une prison de haute sécurité française, Salah Abdeslam sera transféré vers un établissement proche de la frontière et acheminé chaque jour, par hélicoptère, jusqu’au Palais de justice de Bruxelles.

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