Saisie chez Jost Group : pas d'impact sur l'emploi dans l'immédiat

Saisie de 18 camions chez Jost Group : la FGTB et la CSC s'inquiètent
Saisie de 18 camions chez Jost Group : la FGTB et la CSC s'inquiètent - © ERIC LALMAND - BELGA

Un conseil d'entreprise extraordinaire s'est tenu au siège de la firme Jost Group situé à Herstal. La direction a tenu à rassurer les syndicats : la saisie de plusieurs camions par la police judiciaire n'aura pas d'impact sur l'emploi dans l'immédiat. 

Lundi soir, 18 camions ont été immobilisés par la police judiciaire. Les chauffeurs roumains ont été débarqués. Le parquet fédéral souhaite saisir 240 véhicules au total. L'entreprise Jost fait l'objet d'une enquête concernant une fraude sociale et un trafic d'êtres humains dans le secteur des transports. Lors du conseil d'entreprise extraordinaire, la direction a précisé qu'elle était en attente d'informations supplémentaires de la part de la Justice.

"On risque des pertes d'emploi"

Au lendemain de la saisie, les syndicats se disaient inquiets quant à la situation du personnel: "Nous sommes très craintifs par rapport à l'emploi car si les clients ne sont pas servis, ils pourraient partir ailleurs" mettait en garde Ludovic Moussebois, secrétaire permanent du secteur Transcom de la CSC. "Pour le moment, je pense que le quota de clients est encore assez élevé pour que l'entreprise garde l'ensemble de ces chauffeurs. Mais si on enlève les camions et que les clients s'en vont, on risque des pertes d'emploi" ajoutait-t-il. 

Pour les syndicats, la priorité reste le respect de la législation sociale : "On dénonce depuis des années le dumping social chez Jost ou ailleurs. C'est important que la Justice s'occupe de ce problème" expliquait Daniel Maratta, secrétaire provincial de la centrale transport et logistique de la FGTB. L'UBT (l'Union Belge du Transport) se réjouit du travail mené par la Justice dans ce dossier. 

Une escroquerie évaluée à 55,3 millions 

Quelques heures après l'intervention de la police judiciaire, l'entreprise a fait part de sa "stupéfaction" et dénonce "l'acharnement du procureur fédéral" dans un communiqué. Le groupe rappelle qu'il a toujours réfuté "avec vigueur" les accusations."Nous sommes consternés de cette décision puisque la chambre des mises en accusation a décidé, dans son arrêt du 25 mars 2019, que les modalités de la saisie devaient être décidées par le juge d'instruction et qu'une réunion est prévue à très brève échéance", ajoute Christophe Ravignat, secrétaire général de Jost Group. "Dans ces conditions, nous ne comprenons pas pourquoi le procureur fédéral juge nécessaire d'effectuer une saisie dès maintenant sur certains de nos camions."

Selon l'entreprise, le parquet fédéral souhaitait d'abord saisir 346 camions sur la base de la situation en 2017 mais seuls 240 sont encore exploités par la filiale visée. La police fédérale a finalement saisi les 18 camions présents à Herstal lundi. D'après le parquet, entre 2014 et 2016, la compagnie Jost Group a recruté quelque 1.100 chauffeurs de camion d'Europe de l'Est pour les faire travailler en Belgique, selon les mêmes conditions de travail appliquées dans leur pays d'origine. La sécurité sociale belge et les chauffeurs auraient ainsi fait l'objet d'une escroquerie évaluée à un montant de 55,3 millions d'euros.

Dans le cadre de ce dossier, quatre personnes de la compagnie, dont le CEO Roland Jost, ont déjà été interpellées et libérées sous conditions.
 

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