Saint-Nicolas aime les jeux électroniques

Saint-Nicolas accompagné du Père Fouettard
3 images
Saint-Nicolas accompagné du Père Fouettard - © BELGA / KRISTOF VAN ACCOM

La semaine sera lourde pour Saint-Nicolas qui se prépare à descendre dans les cheminées. Et si le marché du jouet subit –aussi- la crise, le jouet électronique semble quelque peu sauvegardé. Notamment parce que son coût, généralement supérieur à 30 euros, le réserve aux familles moins frappées par la crise.

Selon le bureau d’études NPD, les jeux électroniques pour enfants sont en croissance de 9%, mais ne représentent encore que 1,5% du marché.

Si Lego et Playmobil restent des valeurs sûres et que la Barbie s'est faite vampire pour  remonter les ventes de la marque, la tablette pour enfant de 4 à 9 ans serait une tendance forte de cette fin d’année.  Pour l’analyste Nicolas Pons de la société NPD, les jeux électroniques pour jeunes sont un "marché d’offre" par le grand nombre de produits et la fréquence de son renouvellement. Ce sont eux qui ont la cote. Les jeux basés sur des licences, comme ce fut le cas pour "Cars" l’an dernier seraient en baisse. Aujourd’hui, il ne suffit plus de coller l’image de Spiderman ou de Dora sur une sur trottinette pour emporter l’adhésion des petits.

Le secteur "radio commande" se répartit entre les objets volants (hélicoptères et avions) qui intéressent les plus âgés et les objets roulants qui s’adressent aux plus jeunes.

Des hochets électroniques

Dès la période dite de "puériculture", explique Nicolas Pons de NPD, les nouvelles technologies s’insinuent dans toutes les phases d’apprentissage, depuis le hochet électronique jusqu’aux livres interactifs. Et cela depuis le premier âge. 2012 connaît aussi une augmentation des produits dans le segment du préscolaire éducatif, avec des appareils photos, des robots et des consoles pour petits.

Pour Jean-Luc Thiriot, qui tient un magasin de jouet en Gaume et qui était le président d’un jury chargé de décerner les prix du jouet de l’année (en octobre dernier), 2012 serait une année charnière dans le monde du jouet avec une accélération de la  guerre des tablettes pour enfants. Une autre tendance est que Saint-Nicolas s’approvisionne de plus en plus via internet. Et il ne dédaigne pas le jouet d’occasion. Une semaine avant le 6 janvier, le principal site belge de l’occasion place en tête  les consoles de jeux PS3 et Wii. Il suffit aussi de taper "tablette " dans des sites comme "2ememain" ou "eBay" pour constater la pléthore de l’offre… et la fréquence des enchères.

Jouer n’a plus d’âge

Avec le temps, le groupe cible est passé de la tranche d’âge des 14 à 25 ans à celle des 8 à 90 ans. Les rapports internationaux constatent cependant que le "gamer" assidu devient de plus en plus âgé pour se situer au-dessus des 30 ans.

Le snap gaming pour les joueurs pressés

Le jeu quitte aussi la console et les PC pour se répandre littéralement dans les smartphones et les iPad. Des éditeurs comme Sony déclinent leurs jeux de console sur ces nouvelles plates-formes mobiles, avec la forte concurrence du gratuit. Angry Birds en est un le plus bel exemple. Mais l’on touche ici un public particulier, amateur du "snap gaming", ces jeux instantanés qui ne demandent pas plus de 10 à 30 minutes d'attention. Rien à voir avec les jeux d’immersion qui exigent d’investir du temps. L’exemple très en vogue est "World of Tanks" devenu un succès mondial.

Les jeux modernes s’invitent aussi à la télé. Depuis qu’elle est connectée à internet sous le nom de smart TV, elle a droit à des jeux spécifiques que l’on pratique sur son grand écran avec des joysticks spéciaux ou les commandes des consoles de jeu.

Largués les parents? Pas vraiment

40 % des parents jouent à un jeu avec leurs enfants chaque semaine. Et cela concerne aussi le jeu électronique qui est devenu social depuis le lancement de la console Wii et de la reconnaissance des mouvements. Aujourd’hui, tout le monde est dans ce créneau qui ne demande aucune compétence aux joueurs: Microsoft avec sa commande Kinect, PlayStation avec sa manette Moove et Nintendo qui revient dans le peloton avec sa nouvelle WiiU.

Le jeu électronique bon pour les enfants

66% de parents attribuent d’ailleurs au jeu vidéo un impact positif sur la stimulation mentale de leurs enfants. 72,3 % estiment que les jeux vidéo contribuent à familiariser les enfants plus rapidement à la technologie et 56% sont convaincus que les plus petits peuvent ainsi développer de nouvelles compétences. Un sentiment confirmé par une étude de YouGov research qui assure que 75% des enfants britanniques de 8 à 15 ans se disent intéressés par le développement de jeux en ligne et de sites. Et 67% se déclarent prêts à apprendre à rédiger des programmes. Dans les faits pourtant, seuls 3% le font déjà. C’est la différence entre l’opinion et l’attitude.

Place à la réalité augmentée

Quant à l’avenir, il est dans la réalité augmentée qui permet d’associer des objets physiques (un petit personnage) au contenu de l’écran d’une tablette. C’est le cas de Skylander déjà disponible en magasin. Les jouets de ce type appelés " App toys " devraient se généraliser dans les prochaines années.

Bientôt, voir un troll sortir de votre salle de bain par le truchement de l’image rendue par votre tablette n’aura plus rien de fantastique.

Gaming publicitaire

Le jeu étant partout, on le retrouve aussi dans le marketing sous le nom de "gamevertising", le but étant, cette fois d’étoffer les bases de données des entreprises en attirant les internautes ludiques.  

Si la Belgique en est encore au gamevertising, la France est passée à la "gamification" qui désigne l’utilisation du jeu au-delà de la publicité, à des fins pédagogiques, de formations ou de "team building" en entreprise. Le serious games entre même dans les hôpitaux et les homes pour pour y accroître la pratique d’exercices physiques. Et si la Wii étaiet un jour remboursée par la sécurité sociale? Ce serait Noël.

Jean-Claude Verset

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK