S'offrir le sabre de Dark Vador, l'overboard de Marty ou le chapeau d'Indiana Jones: une passion qui coûte (très) cher

C'est un spectacle dans une salle cinéma pour les uns, une salle des marchés pour les autres. Deux clercs qui se relaient pendant près de 10 heures. Ils communiquent les estimations et prennent les ordres d'achat. "Sold" crient-ils plusieurs centaines de fois, ce jour-là.

Dans la salle, tous les acheteurs ne sont pas forcément présents. "En fait, les gens qui ne peuvent pas être présents en personne aux enchères sur place aujourd’hui ont la possibilité d’y participer par téléphone ou en ligne sur le site web", explique Brandon Alinger, directeur des opérations de Prop Store, qui vend les objets de films. "Nous avons une équipe de téléphonistes, là-bas, dans le coin. Ils sont en contact téléphonique avec des gens, partout dans le monde. Ils sont basés aux États-Unis, en Asie, en Australie mais aussi bien sûr, dans des pays européens."

Dans la salle, il y a Pascal. Il est Belge, la quarantaine et le crâne dégarni.  Il a le sourire et les yeux d'un enfant face à tant d'objets qui ont traversé le temps et fait la renommée de tous ces films du cinéma. "C'est incroyable. Je suis comme un gamin devant un grand magasin de jouets. Je pourrais en acheter certains mais pour beaucoup, je ne me permets que de les toucher." sourit-il en regardant le chapeau porté par Harrison Ford dans le film Indiana Jones : "Les aventuriers de l'Arche perdue".

Le Fedora a été vendu 393 600 livres, soit l'équivalent de 443 000 euros. Il était estimé à 300 000 livres et permet donc de battre un nouveau record. Lors d'une précédente vente, une moto aperçue dans plusieurs films de Batman avait été vendue pour 333 000 euros.

 

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Fedora provenant du film Indiana Jones et vendu pour 443.000 euros © Quentin warlop RTBF

D'autres ventes

 124 000 euros pour le sabre de Dark Vador. L'Overboard de "Retour vers le futur" est parti pour 34 000 euros. Au total, la vente a rapporté plusieurs millions d'euros. Il y a avait plus de 600 objets apparus dans les grands films de l'histoire du cinéma. Presque tous sont partis, vendus à des passionnés, à des collectionneurs ou à des investisseurs. Car le marché des objets de films est devenu un business.

"Cela a complétement explosé ces dix dernières années. J’ai développé ce business il y a 20 ans maintenant. On estime que ces dix dernières années, le marché est certainement passé de 35-40 millions d’euros à aujourd’hui 350-450 millions d’euros. Et cela ne fait que grimper." explique Stephen Lane, directeur général de Prop Store. "Il y a un vrai intérêt. C’est comme l’art, rien d’autre. C’est l’avenir. Et c’est significatif de posséder cela. Cela permet de préserver ces pièces du passé pour les générations futures."

Ruben Gimenez est avocat à Murcie, en Espagne. Passionné de cinéma, il a développé et fait évoluer sa collection avec le temps. "Petit à petit, tu commences à collectionner des petites choses. Puis, avec le temps, elles prennent de plus en plus de valeur. Tu as ensuite besoin de vendre certains objets pour en acheter d’autres. Et c’est comme cela qu’on devient un bon collectionneur." Ce jour-là, il vend, hors enchères,  un clapboard. Le clap utilisé lors du tournage d'Indiana Jones. Son acheteur? Un Italien qu'il a rencontré lors d'une précédente vente.

Marco Galtarossa est aux anges. Il vient de débourser 16.500 euros pour compléter sa collection de clapboards des plus grands films. "Je suis très content d’avoir ce clapboard, il fait partie de l’histoire du cinéma. C’est un sentiment incroyable. J'en rêve depuis que suis petit, quand je regardais Indiana Jones. J’ai réussi à obtenir celui d’Indiana Jones II, peut-être arriverais-je un jour à celui d’Indiana Jones I." Vendre en dehors des ventes aux enchères, en se passant d’intermédiaire,  permet aux acheteurs de ne pas devoir payer les 23% de commission.

 

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casques provenants du film Rogue One mis aux enchères. © Quentin warlop RTBF

Aucune limite de budget

 

Ce qui est rare est cher, c'est bien connu. Cela vaut aussi dans le monde du cinéma. Trois critères influencent le prix de vente d'un objet: La rareté, la popularité du film et l'usage de l'objet pendant le film. "Si l'objet est visible sur l'affiche du film, alors son prix peut s'envoler. Ce que recherche les gens, ce sont les objets associés au film" explique Alan D. Stephenson, un collectionneur américain. "Moi, je parcours le monde pour trouver ce qu'il me manque. J'ai une collection équivalente au million de dollars. Je ne me fixe jamais aucune limite. C'est une passion.

 

Le plus étonné ce jour-là dans la salle de cinéma, c'est Robert Watts, le producteur de Star Wars et d'Indiana Jones: "Jamais je n'aurais cru que tous les objets, même les plus petits, seraient un jour devenus des objets recherchés, atteignant de telles sommes. Quand je vois un casque de Star Wars  partir pour 150 000 euros, je me dis que j'aurais pu être encore plus riche. La plupart, je les ai offerts à des amis ou je les donnais à mes enfants comme jouets, à la maison" raconte amusé celui qui aura, lui aussi et à sa manière, marqué l'histoire du cinéma.

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