Ryanair sanctionne le personnel en grève les 25 et 26 juillet : "On risque le licenciement!"

Les 25 et 26 juillet derniers, le personnel de cabine de Ryanair débrayait dans quatre pays européens, dont la Belgique. Un mouvement particulièrement bien suivi, mais lourdement sanctionné par la direction de la compagnie irlandaise.

Le personnel gréviste a reçu une lettre stipulant qu'une absence les 25 et 26 juillet était considérée comme un "no show", autrement dit, une absence injustifiée. "Nous savons très bien quelles sont les conséquences des absences injustifiées" explique Sarkis, steward dans la compagnie. "A partir de deux absences injustifiées, on est susceptible d'être convoqué à Dublin pour être confronté à la direction. On risque le licenciement".

 

Dans cette lettre adressée au personnel gréviste, la direction de Ryanair prévient que les absences injustifiées seront prises en considération lorsque des opportunités de promotion ou de transferts se présenteront.

Salaires amputés

Le courrier précise aussi que les salaires des grévistes seront rabotés. Les différentes indemnités et le bonus de 150 euros pour le mois de juillet ne seront pas payés. La compagnie chiffre la perte totale de salaire pour le mois de juillet à 360 euros pour un steward junior, et 480 euros pour un chef de cabine. "Si je gagne 800 euros ce mois-ci, je peux m'estimer heureux" ironise Sarkis, qui ne gagne pas plus de 1200 euros par mois en temps normal.

Malgré ces sanctions, Sarkis se dit prêt à repartir en grève s'il le faut. "On a enfin brisé le silence. Il faut dire 'stop'. Ca devient l'esclavage du 21ème siècle. On ne peut plus le supporter".

"Scandaleux", selon les syndicats

Suite aux menaces de Ryanair, la CNE a adressé une lettre ouverte au gouvernement belge et aux autorités européennes. "Participer à une grève ne peut en aucun cas être considéré comme une faute" écrit le syndicat chrétien, qui qualifie la réaction de la compagnie de scandaleuse. "Si les autorités compétentes restent inertes, c'est à se demander à quoi elles jouent. Est-ce que les autorités cautionnent l'attitude de Ryanair ? Si elles sont pour le respect des législations, il est temps d'agir" martèle Didier Lebbe, permanent syndical CNE.

Le ministre de l'Emploi Kris Peeters (CD&V), a réagi en demandant au patron de Ryanair, Michael O'Leary, d'éviter l'escalade. "Le droit de grève implique que les travailleurs ne peuvent être licenciés sur motif d'avoir participé à une grève". "C'est d'autant plus vrai quand une grève est planifiée de manière correcte et reconnue par un ou plusieurs syndicats" a-t-il déclaré.

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