Ryanair prélève des cheveux pour des tests anti-drogue

Ryanair
Ryanair - © ANDY RAIN (EPA)

Des tests systématiques anti-drogue sont pratiqués sur les travailleurs du ciel, selon une hôtesse. Une mèche de cheveux leur est prélevée afin de déceler une éventuelle consommation de drogue, une pratique qui, en plus d'être illégale en Belgique, est vécue comme une humiliation.

Une nouvelle flèche est décochée à l'encontre de la compagnie irlandaise Ryanair. Ce mercredi matin dans le journal l'Avenir une hôtesse de l'air exprime son ras-le-bol.

Tout aurait commencé avec une dénonciation : certains membres du personnel auraient consommé du cannabis. Réaction immédiate de la direction de Ryanair qui fait venir en Belgique une infirmière irlandaise. Les tests sont obligatoires. A la sortie de l'avion les hôtesses et stewards doivent accepter un prélèvement d'une mèche de cheveux. 

C'est véritablement la goutte d'eau qui fait déborder le vase pour des travailleurs qui ont déjà dénoncé des conditions de travail difficiles. Toni Demonte, secrétaire général adjoint de la CNE, dénonce : "Cette pratique, selon moi, n'est pas légale. Il n'y a en tout cas rien de prévu dans la législation. Ce n'est pas légal chez nous, c'est-à-dire qu'on ne peut pas faire ça dans une entreprise. On connaît mieux d'éventuels contrôles en matière d'alcoolémie mais même dans ce cas-là en tout cas, toute une procédure doit être suivie : ça doit être convenu, cela doit être inscrit dans les règlements de travail et la façon de le pratiquer, en tout cas, doit être légale. Tout ça peut être contrôlé par l'inspection sociale, ce qui n'est certainement pas le cas de Ryanair."

Du côté de Ryanair on assume ces tests. Et la direction relance un vieux débat en rappelant que les contrats sont établis en Irlande, pays où ce type de prélèvement capillaire est autorisé. "Et donc on est toujours bien dans ce vieux problème où Ryanair affirme qu'elle peut appliquer le droit irlandais pour des travailleurs qui sont pourtant attachés à un aéroport belge, donc, qui vivent à demeure en Belgique. Il y a un problème. On ne peut pas tout permettre à cette entreprise au nom du développement économique de Charleroi."  

Pour les syndicats il serait grand temps de trancher dans ce débat. Mais force est de constater que ces questions ne sont pas vraiment d'actualité pour le moment dans la politique belge.

 

Mathieu Van Winckel

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