Roy d'Espagne, Kinépolis, Madeleine, des lieux "Covid-safe" ? Le projet pilote de la Ville de Bruxelles pour s'adapter aux virus

Malgré les différentes mesures sanitaires, de nombreux secteurs sont toujours à l’arrêt. Avec toutes les incertitudes liées aux Covid 19, la Ville de Bruxelles a décidé de mener des expériences pilotes pour adapter la ville aux virus, qui se transmettent notamment par aérosol. L’objectif est de sécuriser sanitairement des infrastructures privées et publiques à l’aide de nouvelles technologies, qui assurent notamment une ventilation correcte et donc une dispersion des gouttelettes contenant du virus.

Vivre avec et au-delà de la pandémie

Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles (PS) et l’infectiologue Nathan Clumeck sont à l’initiative de ce projet. Ils ont d’ailleurs ensemble mis sur pied une task force qui auditera les infrastructures pilotes.

Pour Philippe Close, il s’agit de tirer les leçons de manière efficace pour anticiper avec efficacité l’avenir : "Ce n’est pas la dernière pandémie, les microbes vont continuer à exister dans notre monde. Les villes doivent profiter de cette pandémie pour trouver des solutions. Et surtout pour éviter à l’avenir, comme on a eu maintenant, de devoir en permanence fermer le secteur culturel, les secteurs sociaux, le secteur économique, etc. On est convaincu qu’il y a des talents en Belgique pour penser à la ville de demain."

Professeur en maladies infectieuses à l’ULB et au CHU Saint-Pierre, Nathan Clumeck est persuadé qu’il est capital de réfléchir dès maintenant aux solutions : "On va vivre dans le futur avec ce virus, et malgré ce virus. Toutes les mesures qui sont prises actuellement, c’est dans le court terme et le moyen terme. Maintenant il faut réfléchir sur le long terme parce que je pense que cette pandémie ne sera pas la dernière et qu’il faut penser maintenant aux investissements à faire."

Méthode, recherches et solutions

La ville de Bruxelles a choisi les huit premiers lieux qui bénéficieront de ce projet pilote qui vise à équiper en nouvelles technologies des infrastructures de secteurs bien ciblés:

  • Pour l’aspect évènementiel et culturel, c’est la salle de spectacles de la Madeleine qui a été choisie pour donner un signal au milieu de la nuit.
  • Deux écoles, l’Institut des Arts et Métiers et l’Institut De Mot Couvreur, ont été sélectionnées notamment dans des ateliers de travaux pratiques ou des salles collectives.
  • Deux établissements Horeca, le restaurant Chez Leon et le café Le Roy d’Espagne, sont inscrits dans ce projet pilote.
  • Le Palais du midi pour les activités sportives
  • Le Kinepolis pour le monde du cinéma
  • Un auditoire de l’Université Libre de Bruxelles 

Le bourgmestre socialiste nous explique que ce projet a pour objectif de mettre en place une méthode qui à terme permettra de diminuer également bien d’autres infections : "On va auditer ces lieux et réfléchir ensemble avec les entreprises et avec le monde scientifique pour voir  comment adapter les choses pour que l’hygiène soit améliorée. Même au-delà de la pandémie, parce que si demain vous avez moins de grippes, moins de gastro-entérites, et qu’on vit mieux, et bien on aura gagné une partie du combat. Ce qu’on met en place, c’est une méthode."

La ventilation, une des clefs de la prévention contre le Covid

La Ville de Bruxelles ne part pas d’une feuille blanche car plusieurs salles sont déjà dotées d’un système de ventilation externe qui réinjecte de l’air frais. On pense également un système de purification d’air, d’appareils de mesures de CO2, voire la technologie de lampes de désinfection dites UVC.

L’infectiologue Nathan Clumeck nous explique en quoi les nouvelles technologies sont une partie de la solution au-delà des gestes barrières : "Le mode principal de transmission du virus, c’est par la voie aérienne. Lorsqu’on est proche l’un de l’autre, de grosses gouttelettes peuvent vous infecter. Mais on sait aussi que ce virus se met sur des micro-gouttelettes qui peuvent aller à cinq mètres. Et donc si vous êtes dans un lieu clos non ventilé, qu’une personne se trouve à cinq mètres de vous et que vous êtes un haut contaminateur, vous allez l’infecter. C’est pourquoi la ventilation est essentielle parce qu’elle dilue le virus. Elle l’élimine quand c’est une ventilation qui envoie l’air vers l’extérieur, et elle peut même le stériliser si on met des mécanismes de stérilisation comme des UV par exemple."

Tout une méthode est réfléchie avec des scientifiques, des entrepreneurs, des architectes et des ingénieurs pour analyser différents cas de figure.

Un appel est lancé aux entreprises et aux forces vives qui souhaitent proposer des solutions qui seront validées scientifiquement. Elles seront acceptées si elles apportent un plus avec une possibilité de cofinancement.

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