Rolex, Patek Philippe, Omega, les vols de montres de luxe explosent à Bruxelles

50 plaintes enregistrées en 5 mois dans le centre-ville de Bruxelles. Le vol de montre est un phénomène en pleine expansion. Certaines valent parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros.

"Il  y a quelques jours, l'une de nos patrouilles est intervenue sur un vol de montre avec violence au préjudice d'un touriste asiatique", explique le commissaire Patrick Declerck qui dirige la section vol à la tire de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles. "Nous avons réussi à interpeller l'individu. La montre qu'il a tenté de voler et que nous avons restitué à son propriétaire a une valeur de 40 000 euros".

Les touristes asiatiques les premières cibles

C'est aux endroits à forte concentration touristique, mais aussi dans les transports en commun et dans les gares, que les voleurs à la tire passent le plus souvent à l'action. 

"Les cibles idéales, ce sont les touristes asiatiques. Ils se laissent facilement approcher. En plus, ils ont souvent beaucoup d'argent sur eux. Les malfrats utilisent n'importe quel prétexte pour s'approcher de leur victime. Ils demandent l'heure, du feu, un renseignement. Et profitent de leur naïveté pour subtiliser l'objet. Cela peut être un porte-feuille, un GSM, une montre."

La technique du football

On ne s'improvise pas voleur à la tire. C'est d'autant plus vrai lorsqu'il s'agit de dérober une montre accrochée au poignet de quelqu'un.

"Ils utilisent des techniques de professionnel. Ce que l'on appelle dans le jargon la technique du football. Le malfrat va faire mine de vous faire une passe ou de faire un dribble. Ce faisant , il va mettre sa jambe entre les vôtres pour vous immobiliser. La victime ne se rend pas bien compte de ce qu'il se passe. Et le temps que ses poignets soient saisis, la montre est détachée et subtilisée sans même que la victime s'en rende compte".

Nécessité du flagrant délit

Pour combattre le phénomène, la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles dispose d'une section vol à la tire constituée de 11 inspecteurs en civil. Principaux atouts : un sens de l'observation supérieur à la moyenne, une bonne capacité de prise en filature et une patience certaine.

"On marche chaque jour 10 à 20 kilomètres" explique l'inspecteur Serge Vanhollebeke, 19 ans de métier. "Et puis il faut être capable de retenir quantité de visages. Des personnes que l'on a déjà interpellées. Mais aussi des signalements que l'on reçoit d'autres zones de police".

Le vol à la tire, priorité du plan zonal de sécurité

En 2017, 328 arrestations judiciaires ont été effectuées dans l'hyper centre de la capitale. C'est quasiment un vol à la tire chaque jour. Un phénomène qui ne faiblit pas en cette année 2018 selon les dernières projections. De là à dire que Bruxelles manque de sécurité. Faux répond le commissaire Patrick Declerck : "Y a de la criminalité dans toutes les grandes ville. Au nord comme au sud du pays. A Bruxelles, c'est la même chose. Oui il y a de la criminalité. Et on la combat. Mais de là à dire que Bruxelles est un coupe-gorge, sincèrement je ne pense pas."

Deux inspecteurs supplémentaires vont renforcer la section vol à la tire dans les tous prochains jours. Le signe qu'à l'instar du trafic de drogue, lutter contre ce type de délit est bien une priorité de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles.

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