Robert Doisneau au musée d'Ixelles : entre classiques et découvertes

Robert Doisneau au musée d'Ixelles : entre classiques et découvertes
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Robert Doisneau au musée d'Ixelles : entre classiques et découvertes - © Sarah Heinderyckx

Une rétrospective unique en Belgique à ne pas manquer au musée d'Ixelles dès ce 19 octobre. Elle est consacrée à Robert Doisneau, un des plus célèbres photographes de sa génération.

Les grands classiques

On peut y voir bien sûr un incontournable : Le baiser de l'Hôtel de Ville. Un cliché devenu mythique réalisé en 1950 pour le magazine LIFE. Dans les années 80, la terre entière s'enflamme pour cette photo pourtant tombée dans l'oubli pendant 30 ans.

"Tout le monde s'est reconnu dans cette image", raconte Francine Deroudille, l'une des filles de Robert Doisneau, "l'image d'un Paris d'après-guerre spontané, amoureux, libre. C'est devenu un symbole. D'ailleurs mon père disait c'est mon Angelus de Millet".

Doisneau en couleurs

Mais l'exposition inédite veut aller plus loin que les classiques de Doisnea. On y découvre ainsi ses premières images en couleurs prises aux Etats-Unis en 1960.

"C'était très onéreux de travailler en couleur à l'époque où ça a commencé", précise Annette Doisneau, son autre fille, "Il ne faisait de la couleur que sur commande".

Armé de son appareil, Robert Doisneau immortalise de son regard amusé les milliardaires de Palm Springs pour le magazine Fortune. Annette raconte l'anecdote de son père concernant un cliché surprenant d'une piscine où flottent des cygnes gonflables sous le regard d'un retraité dépité.

"Ces personnes qui avaient travaillé toute leur vie pour se payer de belles maisons avec piscines arrivaient à l'âge de la retraite et des rhumatismes. Ils ne pouvaient que regarder de loin les cygnes gonflables dans la piscine", confie-t-elle en riant.

Le merveilleux quotidien

Plus de 150 photos retracent le parcours d'un véritable poète de l'image. Doisneau aimait photographier son quotidien : ses voisins, ses concierges. Ils étaient parfois pris sur le vif ou prenaient souvent la pose. "Mon père se considérait un peu comme un metteur en scène de cinéma", raconte Francine, "Mais la plupart du temps, ce n'était pas une vraie mise en scène. Il remettait les gens dans un contexte où ils étaient libres de faire ce qu'ils voulaient et ensuite il prenait à la volée une photo".

Ateliers d'artistes

À côté des inconnus, il fixe aussi sur la pellicule de nombreux artistes au gré des commandes, comme Braque, Giacometti ou Picasso.

"Il n'était pas impressionné par les gens du pouvoir ou qui avaient de l'argent" insiste Annette, "C'était le côté humain chez chacun qu'il voulait à chaque fois. Quand il revenait à la maison, il racontait ses rendez-vous, les gens qu'il avait rencontrés. Il n'était jamais content de son travail. Il vous racontait toujours la photo qu'il avait failli faire et qu'il avait ratée".

Éternel insatisfait, Robert Doisneau connaîtra un immense succès jusqu'à son décès en 1994, mais ses clichés attendrissants continueront encore longtemps à toucher un large public. L'exposition est à voir au Musée d'Ixelles jusqu'au 04 février 2018.