Robert "Bobby" Laumans, le dernier pilote belge de la RAF, est décédé

Robert Laumans avait rejoint la RAF
Robert Laumans avait rejoint la RAF - © Capture d'écran Youtube

Robert "Bobby" Laumans, un ancien pilote belge de la Royal Air Force (RAF) britannique durant la seconde Guerre mondiale, est décédé lundi à l'âge de 93 ans. L’histoire de sa tentative d’évasion d’un camp allemand avait inspiré le film "La Grande Evasion".

"La grande évasion", dans lequel joue notamment Steve McQueen, raconte l'histoire réelle de l'évasion d'officiers d'un camp allemand. Dans ce film, les hommes construisent un tunnel qui va au-delà des barbelés. Ils sont ensuite tirés sur des wagonnets. Or, parmi les prisonniers anglais et américains, un Belge a aidé à construire cette voie vers la liberté : Bobby Laumans.

La mort de Bobby Laumans clôt une page. Celle des militaires belges qui ont combattu dans la RAF britannique. C'était le dernier survivant.

Né le 4 décembre 1920 à Tervuren, Robert Laumans était élève-pilote à l'Aéronautique militaire belge au début de la guerre 1940-1945. Il avait été évacué avec l'école de pilotage de Wevelgem (près de Courtrai), gagnant successivement Caen et Marseille (France), puis Oran et Oujda (Maroc). Il avait réussi à s'échapper vers la Grande-Bretagne, où il était arrivé le 5 août 1940.

Dans la vidéo ci-dessous, Bobby Laumans raconte ses débuts de pilote

Après la poursuite de son instruction et une affectation dans plusieurs unités de la RAF, il avait rejoint le 3 avril 1942 le 350ème Squadron (escadrille), l'une des deux unités composées de pilotes belges désireux de poursuivre le combat contre l'Allemagne nazie. Son Spitfire a été abattu au large d'Ostende le 1er juin suivant. Fait prisonnier par les Allemands, il a été envoyé en captivité au Stalag Luft III.

"Cheval de bois"

Quand il arrive, il entend de nombreux projets d'évasion. Il est vite mêlé à l'opération "cheval de bois". En fait, les Allemands avaient autorisé les prisonniers à faire un peu de gymnastique. Pour les Allemands, tant qu'ils faisaient de la gymnastique, ils n'avaient pas l'esprit à s'évader. Or, sous le cheval de bois, il y avait le tunnel.

Il faudra en creuser un autre par la suite. Puis arrive le jour de la grande évasion. 150 prisonniers seulement peuvent partir. Un tirage au sort a lieu. Bobby Laumans n'est pas retenu. Il restera au camp. Et il entendra les coups de feu. Il saura que l'opération n'a pas réussi.

Lors de la sortie du 76e prisonnier, les Allemands arrivent. 50 évadés seront fusillés. Seuls trois sur 150 parviendront à semer les soldats. Bobby Laumans a toujours gardé comme une relique les plans de l'évasion.

Sabena

Après le conflit, Robert Laumans avait rejoint la Sabena, devenant notamment instructeur sur différents types, dont le Douglas DC-3 et le Boeing 707, le premier avion à réaction de la compagnie belge, et chef-pilote. L'instruction sur Boeing 707 se déroulait fin 1959/début 1960 à l'aéroport de Léopoldville-N'Djili (la capitale du Congo belge devenue Kinshasa).

A.L. avec M. Lagase

Pour en savoir plus sur la vie de Bobby Laumans

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