Revenus, santé, logement, travail... En faut-il peu pour être un Belge heureux?

Les Belges sont plutôt heureux et satisfaits de leur vie
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Les Belges sont plutôt heureux et satisfaits de leur vie - © HERWIG VERGULT - BELGA

Au terme d’une enquête démarrée il y a six ans, treize chercheurs inter-universitaires publient : "En faut-il peu pour être heureux ?", des recherches sur le bien-être des Belges. L’échantillon des personnes sondées reflète la société, issues des trois régions du pays et des différentes classes sociales : 3400 adultes au sein de 2000 familles ont ainsi permis d’établir une photographie du bonheur des Belges.

Revenus, santé et logement

Lorsque nous posons la question de ce qui rend les gens heureux, tout le monde y va de sa recette magique. "Les enfants et les petits-enfants", "la maison", "la santé", "le travail", "l’argent"... Voici une liste non exhaustive des réponses obtenues dans les rues d’Andenne.

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Les chercheurs ont fait le choix d’objectiver le bien-être autour de trois dimensions que sont : le revenu (les consommations et les biens matériels), la santé et le logement. Le niveau de satisfaction fluctue forcément d'une personne à l'autre, mais aussi en fonction des critères analysés. L'enquête démontre que plus le revenu d'une personne est élevé, plus la satisfaction de celle-ci sera élevée. Et le constat le même pour la santé.

 

Quant au logement, il est un facteur déterminant dans la satisfaction des Belges. "Nous avons été surpris nous-mêmes de voir à quel point le logement était important pour les personnes interrogées. Cela signifie que les politiques menées en matière de logements doivent être plus ciblées pour l’accès des gens au logement ou l’accès à la propriété pour certains groupes", explique François Maniquet, économiste, chercheur et co-auteur de cette enquête sur le bonheur.

Les plus insatisfaits ne sont pas les moins bien lotis. Et parmi les plus mal lotis, il y a des gens heureux

Lorsqu'on croise les données de cette enquête, il y a aussi des résultats qui interpellent. "10% des personnes qui cumulent à la fois les revenus et une santé des plus faibles, ainsi qu’un logement pas génial, se disent plus satisfaits de leur vie que 70% des personnes qui ont un indice élevé dans les trois dimensions", constate François Maniquet.

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"Le bonheur ne se réduit pas aux questions matérielles, de santé ou de logement, analyse-t-il. Il y a une vie et même une belle vie au-delà de revenus faibles ou d’une santé déficiente. Si on mène des politiques sociales trop basées sur la subjectivité des gens, le risque est de diminuer la priorité de ces personnes en termes d’aides, car elles se disent heureuses. Ces personnes qui sont pourtant ceelles qui en ont le plus besoin."

Du sens au travail

Dans une société où on évoque de plus en plus le burn-out, le travail reste un indicateur-clé du bien-être des Belges. "Il y a une corrélation très nette entre le fait d’avoir un emploi ou ne pas en avoir et la satisfaction et le bonheur. L’enquête révèle aussi que globalement les Belges sont satisfaits des conditions de travail en matière d’émancipations personnelles, de correspondances entre ce qu’ils font et ce qu’ils aiment faire, ce qu’ils trouvent de valorisant", commente l’économiste.

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Les Belges ont besoin de sens au travail : 72,8% disent vouloir faire des choses qui en valent la peine.

De l’enquête aux décisions politiques

Ces recherches ont aussi un autre objectif, celui de donner des clés de compréhensions de ce qui fait le bien-être de la population belge.

"Par cette enquête, on essaye de construire des outils qui permettent aux gens de définir les priorités de la politique sociale. En objectivant et en identifiant à qui et où ces besoins doivent aller. Et déterminer quels sous-groupes de la population belge sont le plus en situation d’avoir de l’aide des politiques sociales", conclut François Maniquet.

Bref, le bonheur ce n’est pas seulement un concept, des chiffres ou des sentiments. C’est aussi des choix politiques qui peuvent y contribuer.

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