Retour sur les crises de la "Suédoise"

la politique de l’asile et de la migration  est source de vives tensions au sein du gouvernement fédéral depuis ces nombreux mois.
la politique de l’asile et de la migration est source de vives tensions au sein du gouvernement fédéral depuis ces nombreux mois. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

En un peu plus de 4 ans d’existence, le gouvernement de Charles Michel a connu plusieurs crises importantes.

Souvent, le Premier ministre a été contraint d’endosser un rôle d’arbitre pour calmer les ardeurs des partis flamands de la coalition fédérale. Jamais les principaux ministres du gouvernement fédéral n’ont hésité à montrer leurs différences mais aussi leurs désaccords.

Voici les principaux dossiers qui ont crispé la coalition suédoise.

La communication de Theo Francken

C’est peut-être la première difficulté à laquelle a été confrontée le gouvernement Michel : la communication de Theo Francken. Le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration est un adepte des réseaux sociaux.

L’élu de la N-VA a, à plusieurs reprises, suscité la polémique avec ses tweets et messages sur Facebook allant même jusqu’à critiquer des décisions prises par le Premier ministre. Theo Francken a été contraint de présenter ses excuses.

Les attentats du 22 mars 2016

Deux jours après le double attentat de Bruxelles, les ministres de l’Intérieur, Jan Jambon, et de la Justice, Koen Geens, ont proposé leur démission au Premier ministre. Celui-ci les a refusées, estimant que le contexte ne le permettait pas.

Pourquoi Koen Geens et Jan Jambon ont souhaité quitter le gouvernement ? Très rapidement, les autorités belges apprennent que l’un des auteurs des attentats, Ibrahim el Bakraoui de Bruxelles avait été arrêté en 2015 à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

Le 23 mars 2016, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, affirme que son pays l’avait signalé comme combattant étranger à la Belgique. La polémique s’installe.

La commission d’enquête portant sur les attentats de Bruxelles et de Paris se donnera pour mission, entre autres, de répondre aux nombreuses interrogations que soulèvera ce cas.  

Démission de Jacqueline Galant

La N-VA et le CD&V résistent aux polémiques. Ça ne sera pas le cas pour Jacqueline Galant. L’ex-ministre MR de la Mobilité démissionne du gouvernement Michel le 15 avril 2016. Après quelques ratés en terme de communication, Jacqueline Galant trébuchera sur le dossier de la sécurité des aéroports belges.

Que lui reprochait-on ? Les manquements présumés de son cabinet concernant le financement de cette politique de sécurisation des aéroports du pays. La polémique montrera aussi les fortes dissensions qui existaient entre son cabinet et son administration fédérale.

La crise budgétaire de 2016

En septembre-octobre 2016, le gouvernement fédéral est en pleine négociation pour boucler son budget. Parallèlement à ce travail, les vice-premiers ministre de la Suédoise tentent de se mettre d’accord sur une série de réformes. Et, c’est là que cela coince. Le CD&V veut, à tout prix, imposer une taxation sur les plus-values financières.

Les autres partis de la coalition n’en voulaient pas. Face à l’impasse, le vice-premier Kris Peeters quitte, sans prévenir ses partenaires et en cours de soirée, une réunion portant sur ces négociations. Finalement, le gouvernement de Charles Michel décide de prendre son temps et aboutira, près d’un an plus tard, à une série de réformes portant non pas sur la taxation des plus-values financières mais sur les comptes-titres. La coalition fédérale se mettra aussi d’accord pour faire baisser l’impôt des sociétés.        

La crise catalane, une crise belge?  

Charles Michel a toujours affirmé que l’arrivée de Carles Puigdemont n’avait pas provoqué de crise au sein de son gouvernement. Il n’empêche que pour beaucoup d’observateurs, la tension est montée d’un cran (voire plusieurs).

Le Premier ministre a, à plusieurs reprises, répété qu'"il y avait une crise en Espagne mais pas en Belgique" et que l’ex-président catalan n’était en Belgique "ni à l’invitation, ni à l'initiative du gouvernement belge". Il n’empêche qu’un peu avant l’arrivée de Carles Puigdemont sur le sol belge, Theo Francken se déclarait prêt à l’accueillir.  

Pacte énergétique et la fin de vie des centrales nucléaires

Fin 2017, l’ambiance au sein de la Suédoise s’électrise encore quelque peu. La raison ? Le pacte énergétique du fédéral et la loi sur la sortie du nucléaire en 2025.

La tension se tend entre le Premier ministre et le président de la N-VA, plutôt en faveur de l’énergie nucléaire. Bart de Wever remet en cause cette date de la fin de vie des centrales belges. Jan Jambon, le vice-premier N-VA réaffirme, lui aussi, le positionnement de la N-VA auprès des ministres de la Suédoise en demandant de "chiffrer plus amplement" le pacte énergétique.

Pas le choix, Charles Michel réagit pour remettre de l’ordre au sein de son gouvernement : "Le pacte énergétique est bien prévu pour 2018. Les discussions se poursuivent mais on ne négocie pas par presse interposée", explique-t-il. La ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem reçoit le mandat de chiffrer le pacte énergétique sur base de l’accord de gouvernement et de la loi de sortie du nucléaire.

Les tensions autour de la question migratoire  

Ces derniers mois, la politique belge de l’asile et la migration a suscité d’énormes crispations au sein de la Suédoise. Pratiquement successivement, plusieurs polémiques ont éclaté. Fin 2017, il y a eu, notamment, l’affaire des migrants rapatriés au Soudan. Après la diffusion de témoignages évoquant des tortures qu’ils auraient subies, Charles Michel annonce le gel des expulsions le temps qu’une enquête fasse la lumière sur le sujet. Une décision que Theo Francken qualifiera "d’absurde" avant de s’excuser.      

D’autres sujets ont créé pas mal de remous au sein de l’exécutif fédéral et des partis qui le composent. Le projet de loi sur les visites domiciliaires a, par exemple, mis mal à l’aise, une partie des mandataires du MR. Ce projet de loi, défendu notamment par Theo Francken, sera finalement mis de côté.

Des tensions sont aussi apparues avec la création d’unités familiales au centre fermé de Steenokkerzeel ou lorsque Bart de Wever pointe du doigt la responsabilité des parents de la petite Mawda. Bref, on le voit encore avec le pacte migratoire, la politique de l’asile et de la migration  est source de vives tensions au sein du gouvernement fédéral depuis ces nombreux mois.

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