Retards dans le dépistage, progrès, plan européen : tout ce qu'il faut savoir sur le cancer en cette Journée mondiale

Une journée particulière, ce jeudi… Pour cette lumière matinale qui, dans les deux sens du terme, nous éblouit. Après des journées plutôt sombres, nous sommes ravis de cligner des yeux, légère agression bienvenue !

Une journée particulière aussi pour tous les centres de prévention et de dépistage des cancers.

Puisque ce 4 février est celui de la Journée mondiale, le public ne serait-il pas davantage sensibilisé à des tests ?

Selon les observateurs, il faudra du temps pour combler le retard dans les visites de patients, plus frileux, pendant et même depuis le confinement, à l’idée d’entrer dans un milieu hospitalier.

"Moi, je n’ai pas hésité", nous confie Florentina Sirbu, avant de répondre à un questionnaire-type ("Il y a-t-il eu des cas dans votre famille ?").


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À la clinique de prévention et de dépistage des cancers, sur le site Delta (Auderghem) du Chirec, cette quadragénaire est entrée ce matin "en lieu sûr".

"Toutes les mesures sanitaires et d’hygiènes y sont respectées. Si vous vous rendez dans une grande surface, il y aurait un paradoxe à éviter ce milieu-ci."

Selon le registre du cancer, une moitié des diagnostics n’a pas été posée pendant le confinement. "Le retard n’est pas comblé", observe Laurence Gordower, la coordinatrice de la clinique.

Les chances de survie

Il ne faut pas attendre cette Journée mondiale contre le cancer pour rappeler toute l’utilité d’un dépistage, avec une prise en charge globale, examen de la peau, colonoscopie (et mammographie).

"La majorité des patients qui viennent à titre préventif repartent rassurés."

Plus tôt une tumeur est décelée, mieux elle sera combattue : "Si c’est à un stade plus avancé, le traitement sera plus lourd."

Tout dépend du type de cancer, mais en moyenne, en cinquante ans, les chances de prolonger la vie de cinq ans, à partir du pronostic, sont passées de 40 à 70% environ.

"Pour un mélanome avec métastases, la chance de survie ne dépassait pas l’année. À présent, explique le Docteur Anne Boucquiau, directrice médicale et porte-parole de la fondation contre le cancer, il y a 60% de chances de s’en sortir." Grâce à l’excellence de nos chercheurs et des équipes multi-disciplinaires dans la prise en charge du malade.

Remobiliser des fonds

En une trentaine d’années, la fondation a réuni 200 millions d’euros environ pour soutenir la recherche, notamment autour de l’immunothérapie, à la base de quelques progrès qualifiés de révolutionnaires.

"Mais depuis un an, la recherche en tant que telle a malheureusement diminué."

Le Covid-19 n’a pas seulement ralenti la consultation de patients pour d’autres pathologies, telles que le cancer, il a en effet touché quelques chercheurs.

"Et compte tenu de la distance à respecter entre les individus, les laboratoires ont dû être réaménagés. D’où quelques lenteurs".

"Mais le nœud de la question, poursuit le Docteur Boucquiau, "c’est bien la mobilisation de fonds."

Une nouvelle pandémie surgissant, elle en appelle, elle aussi, à une recherche approfondie et onéreuse.

Une coordination européenne

Il est probable que le plan européen de l’aide à la lutte contre le cancer l’y aidera, avec un budget de 4 milliards d’euros.

Au nom de la Commission européenne, Stella Kyriakides, la commissaire à la Santé, propose de créer un Centre européen de connaissance du cancer, destiné à favoriser la recherche et l’innovation, grâce à une meilleure coordination des travaux scientifiques menés dans les États membres.

Entre autres propositions, la Commission entend attaquer le mal à la racine : réduire le tabagisme, combattre la consommation nocive d’alcool.

Elle souhaite étendre au plus grand nombre le dépistage et rendre l’accès aux traitements plus égalitaire partout dans l’Union.

"Neuf jeunes filles sur dix devraient être vaccinées contre le papillomavirus", poursuit la Commissaire.

Des souhaits, des propositions, seulement ?

Oui, parce qu’avant de se concrétiser, d’ici à 2025, ce plan devra recevoir le feu vert des États-membres qui restent les principaux acteurs dans les questions de santé.

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