Résumer sa thèse en 3 minutes: fameux défi pour un chercheur universitaire

Une dizaine de doctorants de l'UMons se sont prêtés au jeu, ce samedi. Ils s'affrontaient dans le cadre du concours "Ma Thèse en 180 secondes". Objectif: captiver son auditoire en un temps record, sans utiliser de jargon ni d'outil interactif.   

"Quand j'étais petite, à la fête foraine, mon attraction préférée, c'était la pêche aux canards. Et devinez quoi? J'en ai fait mon métier!" Clothilde est une spécialiste des "Dux". Et avec son allusion à la fête foraine, et une sympathique photo de canard jaune fluo, elle semble avoir réussi son coup. Le silence s'est fait. Tout le monde l'écoute parler de sa protéine fétiche, Dux 4, "qui n'a rien à voir avec Donald Duck". Mais qu'importe, cette fois, le public a les oreilles en éveil. Les trois minutes passent comme une flèche. 

Claire, elle, se passionne pour les micro-algues, les lipides qu'elles produisent, les espoirs que cela peut donner en matière de bio-carburant. Deux ans déjà qu'investigue cette jeune doctorante venue de France. Habituée à parler de ses travaux devant des scientifiques, parfois en anglais, elle mesure toute la différence avec un exposé "pour Monsieur et Madame Tout le monde". "C'est assez stressant, reconnait la jeune femme, expliquer mon travail simplement, et en trois minutes...surtout que je ne contrôle pas parfaitement mon rythme de diction. Aux répétitions, il m'arrivait de dépasser les 180 secondes". Heureusement, les candidats avaient été coachés par des élèves comédiens du conservatoire Art². "Je me suis inscrite il y a un mois au concours, j'ai rencontré des élèves du conservatoire trois fois. Ils m'ont appris toute une série de petits trucs", explique Elodie. Elle termine sa thèse dans quelques semaines, après 5 ans de travail (sur l'internationalisation des PME grâce aux réseaux sociaux). Nos coachs nous ont dit ça ça ira, ça ça ne passera pas...voilà comment on se prépare pour ce concours. C'était vraiment une super chouette expérience!"

S'il fallait élire le sujet de thèse le plus obscur, nous aurions voté pour celui de Fabrice. Originaire du Cameroun, le jeune homme travaille au sein de la Faculté Polytechnique sur l'"Hébergement d'applications et de données dans le cloud dans un contexte big data". Kesako? Il nous explique en coulisses qu'il s'intéresse à la gestion de données dans les élevages laitiers. Dans ses trois minutes d'exposé, pour marquer des points, il joue la carte de l'humour. "Imaginez vous un matin dans votre chambre, vos enfants débarquent, et ils parlent tous en même temps. Aaaaaargh! Rien que d'y penser j'ai mal à la tête. C'est là mon travail, le traitement de données! Déjà 4 c'est difficile, comment en gérer des milliers? Surtout, n'imaginez pas!" Il tient son fil rouge, et ne le lâchera pas, réussissant à nous expliquer la gestion de données, sans parler de cloud ni de big data. L'image du père de famille nombreuse débordé suffira.

Fabrice a reçu le Prix du Jury, Elodie le Prix du Public, Clothide est coup de coeur avec ses Dux.

La finale nationale du concours se tiendra le 22 mai, au Théâtre royal de Mons. Les candidats sélectionnés dans 6 universités de Wallonie et de Bruxelles se succèderont sur scène. En jeu: une place pour la finale internationale, au Sénégal en septembre.

13 pays organisent le concours à travers le monde, du Canada au Liban, en passant par la Suisse, Haïti ou la République Démocratique du Congo.