"#Restart": un plan de la RTBF de 13,4 millions d'euros pour soutenir la culture au temps du coronavirus

On le sait, la culture est l’un des secteurs les plus touchés par la crise du coronavirus. Aujourd’hui, la RTBF veut jouer pleinement son rôle d’acteur majeur dans le soutien de la création et propose un plan de relance et du soutien au secteur de culture, de l’audiovisuel et de l’économie locale en Fédération Wallonie-Bruxelles. "#Restart", un plan d’action d’envergure "inédite", dit-on.

"Toute l’entreprise se déclare prête à mobiliser des énergies et des moyens financiers sans précédent avec un plan volontariste d’ampleur éditoriale et économique", déclare Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF. Concrètement, l’entreprise s’engage, via toutes ses plateformes à faire rayonner les artistes, quelles que soient leurs disciplines, vers les publics du groupe audiovisuel. Qui veut contribuer à la relance… à hauteur de 13,4 millions d’euros.

Théâtre, concerts, festivals : réinventer la scène, le temps de la crise

Exemples : tous les événements musicaux étant annulés jusqu’à nouvel ordre, la RTBF les fait venir aux oreilles du public d’une manière ou d’une autre. Des showcases avec des artistes qui devaient se produire dans des festivals, une programmation musicale exceptionnelle sur l’ensemble des radios de la RTBF pour la fête de la musique (prévue initialement les 20 et 21 juin), la captation de concerts (classiques, notamment) confinés, ou encore des Live@Home de Pure, caisse de résonance au DJ et électro de la FWB. Pas de concours reine Elisabeth cette année ? Qu’à cela ne tienne, une soirée extraordinaire mettra d’anciens lauréats belges à l’honneur.

La RTBF explore aussi de nouvelles manières de rendre accessibles le dynamisme des salles de spectacles, notamment, sur Auvio.

Encourager la créativité et l’innovation… et penser "l’après-Covid"

Le contexte actuel pousse à l’attentisme, voire l’immobilisme. Mais la RTBF veut parier sur la prise de risque, indispensable pour faire vivre les artistes. Alors, elle fait appel à des auteurs pour des créations : podcasts (docu, fiction…), cinéma, humour, et promet du soutien aux jeunes boîtes de production.

Mais la RTBF, en plus de la création, veut aussi penser au monde de demain et poser les bases d’un débat. Notamment dans son offre d’informations : émission spéciale sur un nouveau pacte de société, des portraits de jeunes entrepreneurs, envisager l’avenir du travail, la mise en avant d’acteurs locaux qui encouragent à la préservation de l’environnement…

Moteur de la relance économique

La RTBF se dit aussi consciente que toutes les entreprises audiovisuelles en Fédération-Wallonie-Bruxelles, sont soumises à rude épreuve : arrêts ou reports de tournages, partenariats internationaux incertains, etc. Pourtant ce sont les partenaires naturels de la RTBF qui construisent, en partie, les contenus. Un média public n’est pas une institution d’aide économique, mais Jean-Paul Philippot se dit "déterminé à mettre en œuvre toutes les initiatives possibles qui pourront aider nos partenaires à traverser ces mois difficiles".

Comment ? "Cela peut prendre plusieurs formes, détaille l’administrateur général. On peut investir en capital dans des entreprises audiovisuelles belges francophones et, par exemple, commander dans des délais rapprochés des nouvelles émissions à des sociétés de production."

Soutien à la presse

On le sait aussi, avec la crise, certains médias ont subi de lourdes pertes financières, dues à la chute des revenus publicitaires. Alors, l’ambition est de soutenir le pluralisme des médias. Des cases réservées aux confrères de la presse écrite en radio, des décrochages régionaux en collaboration avec des journaux locaux, une mise en avant du travail des photographes indépendants, et des appels à projets de documentaires d’investigation réservés aux journalistes indépendants sont ainsi prévus.

"La proposition de plan de relance de la RTBF est ambitieuse. Elle est le reflet de la motivation exceptionnelle de toutes les équipes qui la font vivre au quotidien", conclut Jean-Paul Philippot.

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