Reprise en douceur pour les autocaristes, leurs véhicules se remplissent timidement

La levée progressive des mesures nous permet de retrouver une certaine liberté cet été, notamment en ce qui concerne les voyages. Si les avions et les voitures traversent à nouveau les frontières, ils ne sont pas les seuls. Les voyages en autocar sont à nouveau sur les routes.

Pendant huit mois, les autocars sont restés cloués au sol. Un problème pour les sociétés de transport, dont les investissements sont assez importants. "Un nouveau véhicule en autocar coûte entre 350 000 et 500 000 euros. À la limite, chaque autocar, c’est l’équivalent d’une petite PME qui est à l’arrêt", explique Géry Bourdon, gérant de la société de transport Autocars Bourdon à Couvin.


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Par ailleurs, "il fallait trouver des négociations avec les organismes financiers qui nous ont fait des crédits et il fallait également trouver de l’occupation et un salaire décent à nos chauffeurs. Ils auraient pu bénéficier d’un chômage Covid-19, mais ça ne permettait quand même pas à nos chauffeurs d’obtenir un salaire décent".

Pénurie de personnel qualifié

Vu les circonstances, certains autocaristes ont décidé de quitter le navire. "Des chauffeurs ont préféré quitter le métier pour se rendre vers autre chose et retrouver un salaire logique".

Sans compter que, pendant une longue période, les formations ont également été suspendues. "Le Forem forme des chauffeurs et les auto-écoles sont surchargées, comme vous le savez, donc même si on veut former un chauffeur par nos propres moyens, c’est difficile de trouver des rendez-vous." À terme, c’est une pénurie de chauffeurs qui risque de s’abattre sur le secteur des autocaristes.

Reprise en douceur

Avec la crise sanitaire, les voyageurs semblent encore frileux à l’idée d’embarquer dans un autocar. La clientèle tant espérée n’est donc pas encore au rendez-vous.

"Je pense que les gens ont un peu peur de tous les documents à émettre. Il faut le test PCR avant de partir, il faut le suivi PLF au retour du voyage, et le port du masque est quand même encore un frein, parce que les gens doivent en permanence porter le masque dans l’autocar et ça retire un peu la convivialité du voyage en autocar."

Résultats : le taux de remplissage des autocars n’est pour l’instant que de deux tiers par rapport aux autres années.


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Et pour ce qu’il en est des voyages à l’étranger, ils sont peu nombreux et peu remplis. "Pour le moment, on roule occasionnellement pour des plaines de jeux en Belgique ou ce qu’on appelle en France des centres aérés. Mais en général, on a un taux de remplissage de deux tiers par rapport aux autres années. Je pense que certains parents sont encore un peu hésitants à inscrire leurs enfants dans une plaine de jeux ou quelque chose comme ça."

Mesures de soutien

Fort heureusement, les autocaristes peuvent compter sur leur fédération. "Notre fédération est en discussion permanente avec le gouvernement wallon, et là on va obtenir une aide. L’an dernier, les organismes financiers avaient fait un gel de nos crédits, donc on n’a payé que les intérêts pendant plusieurs mois, pendant six ou neuf mois, suivant les conventions qu’on avait conclues avec eux, afin de nous garder de la trésorerie." De quoi permettre aux autocaristes de repartir sur les routes au plus vite.

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