Report de chantiers sur le rail wallon: Infrabel répond au ministre

Report de projets stratégiques pour le rail wallon
Report de projets stratégiques pour le rail wallon - © ERIC LALMAND (belga)

Après le coup de sang du ministre wallon de l'Emploi André Antoine (cdH) au sujet du report à 2022 de la finalisation du RER, le ministre de la Mobilité Philippe Henry (Ecolo) vient d'envoyer un courrier "cinglant" à Luc Lallemand, l'administrateur délégué d'Infrabel. Infrabel qui réagit: il faut faire des efforts budgétaires.

Philippe Henry dénonce le report à 2022 des travaux sur les lignes ferroviaires 161 (Bruxelles-Namur) et 162 (Namur-frontière luxembourgeoise), peut-on lire jeudi dans La Libre Belgique et dans La Dernière Heure.

Ces travaux visent à permettre notamment la circulation des trains à 160 km/h plutôt qu'à 120 km/h, comme c'est le cas actuellement. "J'estime pour ma part que le report de ce projet est inacceptable", écrit Philippe Henry. "Ce projet dont l'achèvement était prévu en 2013 a déjà subi de nombreux retards et reports successifs. (...) La Wallonie consent depuis 2006 à d'énormes efforts financiers sur ce projet, puisque son engagement financier avoisine les 47,1 millions d'euros (2005). Le paiement des annuités à charge de la Wallonie s'achève en 2013 et à ce jour la Wallonie n'a pas failli à ses obligations."

Le ministre s'interroge aussi sur le timing de la décision de report, alors que le nouveau plan d'investissement 2013-2025 pour le rail belge est en cours d'élaboration. "Je vous demande instamment de revoir votre planification des travaux sur l'axe Bruxelles-Luxembourg afin de bénéficier le plus rapidement possible d'une infrastructure opérationnelle et dans un délai raisonnable. Faute d'avancée significative, je demanderai à mes services d'étudier la possibilité de suspendre les paiements non encore échus à charge de la Région wallonne", avertit Philippe Henry.

Infrabel parle d'un manque de moyens. "En 2012, on nous a demandé de faire des efforts. Nous, nous tirons la sonnette d'alarme : il est impossible de réaliser le même nombre de chantiers avec moins d'argent", a réagi jeudi Arnaud Reymann, porte-parole d'Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge.

"Nous savons que nous devrons faire des efforts particuliers en 2013 et 2014", a poursuivi le porte-parole en rappelant que se négocie actuellement le plan d'investissements 2013-2025 "sur lequel nous n'avons pas de visibilité".

"Aujourd'hui, nous préférons dire: 'avec ce que l'on nous donne, voilà ce que l'on peut faire'. Il nous paraît de toute façon irréalisable de nous engager auprès d'entrepreneurs que nous ne pourrions plus payer dans quelques mois", a ajouté Arnaud Reymann.

"Ce n'est pas Infrabel qui décide de la répartition des montants. Nous suivons les règles et nous essayons de faire au mieux, dans les meilleurs délais possibles, avec les moyens dont nous disposons", a-t-il conclu.


Belga

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK