Répartition des tâches dans le ménage: "L'égalité hommes-femmes, on n'y est pas dans la famille"

Chaque année, la Ligue des familles sonde les parents dans une grande enquête réalisée par IPSOS. Tout y passe : composition familiale, garde des enfants, budget, séparation… et cette année, un zoom révélateur sur les relations entre hommes et femmes dans la famille. Au-delà de quelques évolutions réjouissantes, le constat est que les principales difficultés des parents ne connaissent pas d’amélioration sensible.

"Un an après la vague #metoo, on a beaucoup parlé des questions de harcèlement, mais on a aussi beaucoup parlé des questions de genre en politique, dans la gestion des entreprises, etc., et il nous a semblé intéressant à la Ligue des familles de voir où on en était dans la famille sur ces questions des relations entre les hommes et les femmes, expliquait dans Jour Première Delphine Chabbert, de la Ligue des Familles. On a questionné sur la répartition des tâches , pour faire le repas et s’occuper des enfants. On a aussi questionné qui, par exemple, s’est arrêté de travailler après l’arrivée d’un enfant ou a baissé son temps de travail pour s’occuper de la famille, comment se prennent les décisions, quel est le lien à l’argent, comment s’organise la vie de famille, etc. Et  il y a des grosses confirmations: l’égalité hommes-femmes, on n’y est pas dans la famille". 

En effet, ce sont les femmes qui modifient leur mode de travail pour s’occuper des enfants : 62% l’ont fait seule contre 10% des hommes et 10% de couples où les deux conjoints ont changé de rythme.

Elles assument toujours l’essentiel des tâches domestiques et sont plus nombreuses à subir le poids de la charge mentale. De leur côté, les hommes sont nombreux à réaliser les tâches qui leur sont traditionnellement associées (bricolage, réparation et jardinage).

Important aussi, la perception que chacun en a: chaque parent estime ainsi participer davantage aux tâches ménagères que ce que pense son ou sa conjointe.

Ainsi, si 39% des hommes estiment partager de façon égalitaire le nettoyage et le rangement, seules 25% des femmes ont la même perception.

Bonne nouvelle, ils s’accordent mieux quand il s’agit des enfants : 77% des hommes et 63% des femmes notent s’occuper égalitairement de l’éducation des enfants avec leur conjoint·e.

Les décisions financières sont elles aussi majoritairement prises en commun. 

Huit parents sur 10 ont du mal à concilier vies familiale et professionnelle

Beaucoup des chiffres du Baromètre sont stables d’année en année. Ces chiffres sont ceux du manque de solutions subi par une majorité de parents.

Presque 8 parents sur 10 déplorent des difficultés pour concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle 

1 parent sur 4 ressent un risque de burn out parental 

Presque 1 parent sur 4 ne met pas son enfant en crèche à cause du prix

1 sur 4 qui a trouvé une place renonce à des dépenses de santé ou d’alimentation à cause du coût de la crèche 

4 parents sur 10 ne perçoivent pas leur contribution alimentaire régulièrement... " Comme si c’était normal, par exemple, que les débiteurs n’assument pas leurs obligations alimentaires et que les pouvoirs publics restent impuissants pour garantir ces paiements, indique Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles. Ça nous fait osciller entre malaise et colère, car des besoins essentiels, des droits même, ne sont pas reconnus. Et c’est bien tout l’enjeu de ce Baromètre de le faire savoir. "

Le nombre de pères solo en augmentations

Comme les années précédentes, les ’’familles classiques’’ restent majoritaires (63%).

A leur côté 21% sont monoparentales et 16% recomposées.

Au total, presque 4 parents sur 10 ont connu une séparation.

Les parents solo s’appauvrissent encore plus, comme chaque année depuis que la Ligue des familles fait ce baromètre.

En tête, les femmes qui cumulent des difficultés de tous ordres. A noter toutefois que le nombre de pères solo (33%) est en augmentation depuis 2015.

On constate aussi des évolutions marquées au niveau des séparations : depuis 2016, la durée moyenne de la relation a baissé de près d’un an (de 10,6 à 9,7 ans), le nombre de parents passant par une procédure judiciaire pour régler la garde des enfants a diminué (de 42 en 2015 à 35%) et l’hébergement exclusif est en baisse (de 37 à 30%).

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