Réouverture des salons de coiffure : quelles solutions pour bien ventiler et diminuer les risques de contamination ?

Ça y est, les coiffeurs ont eu leur réponse : ils pourront bien rouvrir le 13 février. Le comité de concertation de ce vendredi l’a décidé, mais à des conditions plutôt strictes. Prise de rendez-vous obligatoire, pas de salle d’attente, dix minutes entre chaque client, une capacité réduite à un client par 10m2… et surtout, des mesures de ventilation et d’aération à prendre, pour réduire le risque de transmission du virus par aérosol.

Première solution : ouvrir les portes et les fenêtres, bien sûr. Mais ce n’est pas évident en ces temps hivernaux… Heureusement, certains salons vont pouvoir compter sur des détecteurs de CO2. Pour un prix qui va de 50 à 80 euros, le petit boîtier noir évalue la teneur de dioxyde de carbone dans les lieux. Il s’allume en vert lorsque la ventilation est correcte, et passe à l’orange lorsqu’il faut aérer. L’air extérieur a une concentration de 400 ppm (parties par million) de CO2. Lorsqu’une personne expire, la concentration passe à 40.000 ppm. Avec l’augmentation de CO2, celui du virus augmente potentiellement.

A Kraainem, en périphérie bruxelloise, plusieurs établissements (lieux de culte, lieux publics, commerces) en sont déjà équipés depuis cet été. "Il n’y a pas de signal sonore, mais la personne qui l’utilise peut voir assez rapidement à quel niveau elle se situe, explique le bourgmestre Bertrand Waucquez (liste citoyenne Kraainem Unie). En fonction de ce qu’elle veut obtenir, elle va pouvoir ouvrir plus ou moins les fenêtres en fonction de la concentration."


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Des conseils appliqués à la lettre par Linda, dont le petit boîtier noir fait maintenant presque partie des meubles dans sa charcuterie."Quand il y a deux ou trois personnes dans le magasin avec nous, ça augmente très vite, raconte-t-elle. On ouvrait déjà la porte de 10h jusqu’à midi, et ensuite on voit si ça monte de nouveau." Du côté des coiffeurs, on attend avec impatience ce petit coup de pouce pour pouvoir rouvrir dans les règles. "Normalement dans un salon de coiffure, il faut que ça soit chaud pour nos techniques : colorations, permanentes…, note Francesca, coiffeuse à Kraainem. Ce boîtier nous aider énormément, et mettra les clientes en confiance."

Ces technologies reposent sur un principe : bien ventiler, en renouvelant l’air, après l’avoir filtré et nettoyé. Tout cela va plus loin que la solution "artisanale" d’ouvrir portes et fenêtres, expliquait ce vendredi Nathan Clumeck, professeur émerite en maladies infectieuses à l’Hôpital Saint-Pierre, sur le plateau du 19h30. "Il y a des ingénieurs spécialistes dans la ventilation, précisait-il. Les conditions dépendent du volume de la pièce, du nombre de personnes, des conditions atmosphériques… c’est tout une approche qui doit être bien réfléchie, pas seulement ouvrez les fenêtres." En utilisant par exemple, des appareils comme des purificateurs d’air.

A Kraainem, on y a réfléchi, mais le bourgmestre rappelle que tout dépend du bâtiment. "Ici, à la maison communale par exemple, ce ne serait pas évident d’avoir un appareil qui fait la circulation et où toutes les pièces seraient ventilées de façon correcte, note Bertrand Waucquez. On peut le faire, mais ça ne s’installe pas en quelques jours. Ça doit pouvoir être installé par des gens spécialisés, et ça coûte évidemment plus cher."


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Nathan Clumeck estime qu’il est temps d’anticiper, et d’évaluer le coût de ces dispositifs, par rapport à la perte économique que représente la fermeture de nombreux secteurs. "Il faut donner des perspectives aux gens, ils ne savent pas où ils vont", plaide-t-il. Sans compter que ces réflexions pourront servir pour le futur. Le médecin rappelle que c’est bien les travaux entrepris par le bourgmestre Jules Anspach, dans les années 1860, qui avaient contribué à mettre fin aux épidémies de choléra à Bruxelles, en voûtant la Senne et en installant des égouts.

Si ces questions ne concernent que les coiffeurs pour le moment, elles vaudront à l’avenir pour d’autres secteurs, comme les restaurants ou les salles de spectacle. A ce sujet, une expérience menée à Barcelone pourrait donner de l’espoir au secteur culturel belge : en décembre, un concert-test avait eu lieu à Barcelone, sans distanciation sociale, mais avec test antigénique à l’entrée, port du masque FFP2 et une ventilation renforcée. Résultat : aucune contamination parmi les participants.

Journal télévisé du 6/02/2021

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