Rentrée littéraire belge: le retour très attendu de nos bons auteurs et de belles découvertes

Rentrée littéraire belge: le retour de très bons auteurs et de belles découvertes
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Rentrée littéraire belge: le retour de très bons auteurs et de belles découvertes - © Lorraine Wauters

La rentrée littéraire française est certainement un des évènements les plus  incontournables pour les amateurs de livres. Elle est très suivie chez nous, d’autant que pas mal d’auteurs belges sont publiés  dans des maisons d’éditions de l'Hexagone. En voici quelques exemples:

 

  

Amélie Nothomb : avec une régularité qui la caractérise, elle publie chaque année  son nouveau roman chez Albin-Michel. "Les prénoms épicènes ", son dernier né, court roman de 155 pages promène le lecteur dans une étrange histoire de mensonge conjugal, assortie d'un rapport très fusionnel entre une mère et sa fille. Les fans ne seront pas déçus: nous retrouvons sa plume allègre dans ce nouvel opus qui poursuit son exploration des rapports familiaux. 

Autre parution  très attendue: "La belle de Casa",le troisième  roman publié chez Actes Sud d'In Koli Jean Bofane. L'auteur né à Mbandaka en République Démocratique du Congo ,s'est installé à Bruxelles depuis 1993. Primé à de nombreuses reprises, finaliste du Prix Rossel, il a reçu entre autre le Prix des Cinq Continents de la Francophonie. Ses romans au style mordant, très humoristiques nous racontent les transformations que subit l'Afrique à l'heure de la mondialisation, des puissants sans scrupules et de la violence faite aux femmes dans un univers plutôt rude.  

Dans "La belle de casa", nous allons suivre Sese, un jeune kinois arrivé au Maroc par hasard. Le passeur qui devait l'emmener en Normandie l'a débarqué en pleine nuit à Casablanca. Depuis, il circule dans ce quartier de la ville, et tente d'appâter dans des affaires louches la farouche Ichrak, dont il est tombé éperdument amoureux dès le premier regard.

Avec sa verve et son talent de conteur, In Koli Jean Bofane n'hésite pas à pointer la corruption omniprésente: les petits arrangements des policiers, les magouilles immobilières et les inévitables pots de vin. Il nous plonge dans des histoires rocambolesques tout en évoquant la fin du rêve démocratique.

 

Antoine Wauters: Le cisailleur des mots, poète et romancier.

Dans son premier roman "Nos mères" (Prix Première 2014) Antoine Wauters nous racontait l'enfance déchirée d'un jeune garçon dans un pays en guerre, et son adoption en France par une femme très fragile. Il est à nouveau question d'enfance dans "Pense aux pierres sous tes pas" publié aux éditions Verdier. Dans un pays sous dictature, Marcio et Léa, deux jumeaux adolescents vivent dans la ferme de leurs parents Paps et Mams. Le père est un homme dur, le frère et la soeur sont inséparables. Un lien très charnel les unit. Chaque soir, lorsque les parents sont couchés, ils se retrouvent dans la chambre de Léa.

Jusqu'à ce que leur père les surprenne, et décide de les séparer. Léa est envoyée à plusieurs centaines de kilomètres, chez un oncle et sa femme. Le frère est consigné à la ferme. Il aidera pour les gros travaux. Pendant ce temps-là, le régime politique se transforme, avec des promesses de démocratisation et de partage. 

Chez son oncle et sa tante, loin de la violence de Paps, Léa découvre enfin la douceur de vivre et le goût d'autres peaux d'hommes. Marcio finira par la rejoindre, mais en piteux état... C'est l'histoire d'un amour interdit, d'une rédemption et d'une transformation du système social. Avec son style magnifique et ses mots ciselés, Antoine Wauters nous embarque dans cette initiation des deux jumeaux.  

Les éditions Verdier publient simultanément un deuxième livre d'Antoine Wauters "Moi,Marthe et les autres". Un court roman mettant en scène des survivants d'une catastrophe (nucléaire, cataclysme, explosion?).

Dans un Paris dévasté, un  groupe de jeunes doivent trouver de quoi manger, de quoi se vêtir. Ils sont parfois confrontés à la violence d'autres  survivants. L'auteur s'est interrogé sur ce qui peut aider des hommes à se tenir debout dans un monde déchiqueté.  

Un premier roman très réussi: "La Vraie Vie" d'Adeline Dieudonné

Bien avant la parution de son roman, son nom circulait  dans toutes les sphères littéraires. Adeline Dieudonné est une des révélations de cette rentrée. Son premier roman "La Vraie Vie", publié aux éditions L'Iconoclaste nous plonge dans un univers familial plutôt rude.

La jeune narratrice a 10 ans. Elle vit avec ses parents et son petit frère Gilles dans un pavillon de banlieue. Leur maison ne sent pas le moisi, contrairement à toutes les autres du lotissement. Son père est un homme colérique, amateur de chasse d'animaux sauvages. Sa mère, elle l'a surnommée l'Amibe. Une femme transparente, qui n'ose jamais affronter son mari.

Notre héroïne protège son frère, elle lui invente des histoires, ils jouent dans le bois d'à côté. Et quand le marchand de glaces arrive, de temps en temps, la mère leur donne des sous pour qu'ils s'achètent un bon cornet. Mais un jour, le marchand de glaces victime d'un accident va succomber sous leurs yeux. Ce qui va complètement traumatiser le jeune Gilles. Adeline Dieudonné nous raconte le terrible combat que va mener cette jeune adolescente pour sauver son petit frère. Et la perversion paternelle qu'elle devra affronter. "La Vraie Vie" est une belle réussite.

 

Aliénor Debrocq "Le Tiers Sauvage": publié en Belgique, une belle révélation de cette rentrée

Parmi les très bonnes surprises de cette rentrée littéraire belge, on peut pointer le premier roman d’Aliénor Debrocq "Le tiers sauvage" paru en Belgique aux éditions Luce Wilquin.

Nous allons suivre Clara Clossant, une jeune femme très réservée, passionnée d’écriture, qui gagne sa vie en écrivant des catalogues pour des musées et des expositions. A la Foire du livre de Bruxelles, elle croise un certain Marcus Klein. Un auteur français dont le troisième roman connaît un succès fou. Omniprésent, il est invité dans toutes les émissions, il participe à tous les débats. Un succès qui énerve l’exigeante Clara. Elle le soupçonne de naviguer dans le genre qui plaît au grand public, en mettant son vrai talent de côté.

Par un heureux concours de circonstances, elle est engagée comme son assistante personnelle, et va découvrir un homme passionnant qui la révèlera à son propre art. Un magnifique roman sur le métier d’écrivain, sur le désir partagé.Retenez ce nom: Aliénor Debrocq  fait partie des grands, c'est une des pépites de cette rentrée littéraire.

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