Rentrée: "Comment expliquer qu'en code rouge 'coronavirus', 100% des élèves puissent aller à l'école?"

Les autorités ont présenté les lignes directrices de la prochaine rentrée scolaire ce mercredi, avec quatre scénarios et codes couleur dépendant de la situation épidémiologique. Entre nécessité de continuer à respecter les mesures de sécurité sanitaire et résorber les inégalités scolaires aggravées durant le confinement... Pour en parler sur le plateau de CQFD: Sonia Belfaiez, directrice de l'école Saint-Joseph à Ixelles et Joseph Thonon, président de la CGSP-Enseignement.

Quid des enseignants et des parents?

Concrètement et à situation similaire à celle d'aujourd'hui ("code jaune") en septembre, les élèves du secondaire pourront se rendre 4 jours/semaine à l'école. Si le code devait passer à l'orange ou au rouge, les classes de secondaire seraient alors scindées en deux, avec une alternance de cours à domicile et en présentiel. Quel que soit le scénario, 100% des élèves de maternel et de primaire pourront eux aller à l'école. 

Sonia Belfaiez se dit surprise: "du vert au rouge, la présence sera identique pour les moins de 12 ans, considérés comme moins vecteurs, ça je le comprends, mais quid des enseignants, des parents? Il y a des parents en masse devant mon école matin et soir, des enseignants écartés car personnes à risque, qu'est-ce qu'eux vont devenir à la rentrée?". La directrice d'école confie avoir beaucoup d'appréhensions sur le redémarrage d'une année scolaire dans les mêmes conditions que celles qui prévalent actuellement. 

"Code rouge"

Joseph Thonon lui voit un point positif: "le fait que tous les enfants rentrent à 100% avec l'obligation scolaire, on a aussi les mesures suffisamment tôt pour pouvoir organiser la rentrée. Le point négatif, c'est que même dans un scénario rouge, tous les enfants doivent aller à l'école", s'interroge le président de la CGSP-Enseignement.

Des pratiques déconnectées de la réalité

"Aujourd'hui, mes enseignants se voient en dehors de l'école, mes enfants se voient en dehors de l'école", affirme Sonia Belfaiez. "C'est un leurre de penser que le matin, en arrivant dans une bulle avec des enseignants masqués, on a l'isolement et la frontière préconisée entre les classes. Ca n'est plus vrai [...] Il y a une fatigue, un épuisement. Travailler avec un masque toute une journée en parlant à des enfants, c'est épuisant. Ca détourne le travail de la mission principale des enseignants", regrette la directrice. 

Pour Joseph Thonon, "ce qui est important, c'est que tous les élèves rentrent". Car le confinement, on le sait, va aggraver les inégalités scolaires. Pour les résorber, la Fédération Wallonie Bruxelles prévoit d'investir 5 millions d'euros en stratégie numérique (avec la distribution d'ordinateurs aux élèves dans le besoin) et une task-force "Equipement numérique et connectivité" pour équiper les écoles. Autre budget annoncé: 17 millions d'euros pour leur permettre d'assurer un accompagnement personnalisé aux enfants en difficultés, dès la rentrée. Des remédiations pour les primaires et les secondaires, qui ciblent les écoles accueillant des publics plus défavorisés.

Un état des lieux à la rentrée

Joseph Thonon accueille l'initiative positivement, même s'il la juge insuffisante: "quelques périodes pour 150 élèves, c'est mieux que rien mais ce n'est pas ça qui va résoudre tous les problèmes", précise-t-il. Pour le président de la CGSP-Enseignement, c'est à la condition de récupérer tous les élèves en présentiel, que les inégalités pourront être résorbées.

"En termes d'inégalités, on verra ce qu'on va retrouver à la rentrée", poursuit Sonia Belfaiez, qui préconise un état des lieux à la rentrée et une adaptation à mettre en place par niveau.

CQFD, Ce Qui Fait Débat, chaque jour à 18h20 sur La Première et à 20h45 sur La Trois. L’entièreté de l’émission ci-dessous :

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