Rentrée académique dans le supérieur : les guindailles en mode "coronavirus"

Les 24 heures vélo de Louvain-La-Neuve n'auront pas lieu en cette année teintée des mesures sanitaires liées au Coronavirus. Les guindailles seront différentes.
Les 24 heures vélo de Louvain-La-Neuve n'auront pas lieu en cette année teintée des mesures sanitaires liées au Coronavirus. Les guindailles seront différentes. - © JEAN-LUC FLEMAL - BELGA

Qui dit rentrée académique dans l’enseignement supérieur dit aussi retour des animations estudiantines. A Louvain-La-Neuve, l’UCLouvain et les associations d’étudiants ont collaboré pour imaginer des fêtes adaptées aux mesures sanitaires nécessaires dans le cadre du coronavirus.

Dès le mois de juin et la fin de l’année académique précédente, la question s’est posée de voir comment concilier le folklore estudiantin et les animations qui y sont liées avec le contexte sanitaire imposé par l’épidémie de Covid-19. A Louvain-La-Neuve, les autorités académiques de l’université ont demandé aux associations d’étudiants de réfléchir au sujet et de faire des propositions.

Les baptêmes reportés, les guindailles à table avec sa bulle

D’emblée, une série de manifestations sont reportées ou annulées. Les traditionnels 24 heures vélo qui se déroulent à l’automne n’auront pas lieu cette année. Les bleus devront attendre le deuxième quadrimestre pour être baptisés. Quant aux guindailles, elles se dérouleront sous un mode nouveau, proche de l’organisation que l’on rencontre dans les établissements Horeca.

Selon le vice-président de la Fédé, la Fédération wallonne des régionales de Louvain-La-Neuve, ce ne sera plus comme avant : "C’est arrangé pour correspondre avec la norme d’hygiène. On oublie totalement ce qu’il y avait d’habitude où l’on se mélangeait, où tout le monde était ensemble dans la même salle et où l’on claquait nos verres tous ensemble", explique Julien Bourgeois, vice-président de la Fédé. "Ici, on s’est adapté sur les normes Horeca pour, quand même, ouvrir nos salles tout en étant réglo avec ce qu’il faut faire. Ce sera comme dans un bar normal. Donc, tables, chaises, port du masque quand on est debout, 10 personnes par table afin de rester dans sa bulle. Le personnel sera masqué. On désinfectera les tables une fois qu’un groupe s’en va", poursuit Julien Bourgeois qui ne voit pas dans ce dispositif la fin des guindailles.

Le but, avoir des guindailles plus " sages "

Comme le détaille Julien Bourgeois, "le but de la manœuvre, c’est qu’on contrôle comment fonctionnent les étudiants, comment ils se comportent afin d’éviter que tout reprenne et que Louvain-La-Neuve se retrouve comme un petit nid à Covid". Ainsi, chaque responsable, chaque comité qui organise une soirée devra avoir un " responsable Covid ". Il contrôlera l’alcool qui circule dans la salle et s’assurera du respect des règles et repérer ceux qui iront trop loin dans l’usage de l’alcool. En cas de besoin, un service de sécurité privé sera présent, comme c’était le cas avant l’arrivée du Covid-19, mis à disposition par les autorités de l’UCLouvain.

La responsabilité des associations estudiantines s’arrête une fois les fêtards sortis des lieux où les soirées sont organisées. Cependant, sensibiliser les étudiants au respect des règles sanitaires en dehors des lieux de fête officiels est aussi une priorité. "On essaie de faire passer le message. Par exemple, dans nos événements, on leur dit venez plutôt boire un verre calmement, assis à une table. Vous faites fonctionner et rentrer de l’argent dans les caisses des collectifs d’animation étudiante, plutôt que de rester chez vous et de vous mélanger. Chez nous, vous êtes sûr d’être en sécurité", explique Julien Bourgeois, vice-président de la Fédé.

Les autorités universitaires font confiance et veillent au grain

De leur côté, les autorités académiques de l’UCLouvain constatent que les organisations étudiantes ont bien travaillé et ont proposé des activités respectueuses des mesures sanitaires et respectueuses du protocole établi conjointement entre ces organisations et l’université. Les autorités universitaires seront attentives au déroulement des activités estudiantines qui se déroulent dans le cadre d’associations liées à l’université. En cas de non-respect du protocole, "il est évident que des sanctions disciplinaires sont possibles. Elles peuvent aller jusqu’au renvoi définitif de l’université", explique Philippe Hiligsmann, le vice-recteur aux affaires étudiantes.

Cependant, les autorités académiques de l’UCLouvain ne veulent pas stigmatiser les étudiants. "J’en ai un peu marre qu’on stigmatise toujours les jeunes. Il y a certainement des débordements. Dans la toute grande majorité des cas, les choses se passent bien. On devrait aussi remercier tous les étudiants et toutes les étudiantes qui respectent bel et bien les mesures sanitaires", réagit Philippe Hiligsmann, vice-recteur.

Quid des fêtes privées, des rassemblements sur l’espace public qui ne respecteraient pas les règles sanitaires ?

On l’a vu, les associations d’étudiants sensibiliseront les étudiants au respect des règles sanitaires au-delà des activités officiellement organisées et en dehors des lieux officiels. Les étudiants qui seront tentés de se rassembler en rue ou dans les espaces publics de Louvain-La-Neuve en ne respectant pas les règles sanitaires se confronteront, comme partout dans le pays à la police et aux autorités communales. Le raisonnement est le même pour les fêtes privées ou les rassemblements dans les kots. Tout ce qui est privé n’est pas du ressort des autorités académiques de l’UCLouvain.

En revanche, si des étudiants devaient être interpellés par la police et les autorités judiciaires, ils s’exposeraient à des sanctions des autorités universitaires. "Evidemment, l’UCLouvain n’a aucune prise sur les étudiants ou les étudiantes qui commettraient des méfaits sur la voie publique. C’est la commune de Louvain-La-Neuve ou de l’un des autres sites de l’UCLouvain qui intervient avec la police. Nous avons aussi un travail de prévention par rapport à tout cela. Des choses peuvent déraper au niveau de certains étudiants et de certaines étudiantes. S’ils sont identifiés et si ce sont des étudiants de l’UCLouvain, ils tombent sous le coup du règlement général des études et des examens et des sanctions seraient possibles. Il faudra une instruction des faits et il faudra s’assurer que nous avons bel et bien à faire à des faits répréhensibles qui sont susceptibles de mettre à mal leur statut d’étudiant", explique Philippe Hiligsmann, le vice-recteur aux affaires étudiantes de l’UCLouvain.

Là aussi, la grande majorité des étudiants de l’UCLouvain devraient faire preuve du sens des responsabilités.

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