Rénover ou construire les stades belges, il faut choisir

Mais oui, ça bouge !

L'éclat des stades russes de la Coupe du monde ferait pâlir davantage encore le projet de construction ou de rénovation d'un grand stade en Belgique. De l'Eurostadium sur le parking C du Heysel, il reste... le recours de la société de construction. Et l'avenir du Stade Roi Baudouin est flou. La volonté est-elle réellement de le moderniser? Entre la ville, la région, le fédéral, des partenaires privés, qui se chargerait du budget, de l'entretien? Comment l'intégrer au projet "Néo" de transformation générale de la zone?

L'ombre sur ce grand stade ne s'étend pas aux enceintes des clubs professionnels. Qui en a construit un nouveau? La Gantoise. Qui le projette? Le FC Bruges. Qui envisage une modernisation? Anderlecht et le Standard. D'autres clubs ont rénové le leur par étapes: l'Antwerp, le FC Malines, le KV Ostende, Zulte-Waregem. Un autre cas encore: celui de l'Union Saint-Gilloise. Après deux années d'exil forcé au Heysel, l'Union (division 1B) retrouve dimanche 12 août son stade (Joseph-Marien)  partiellement rénové, désormais nettoyé derrière les buts des arbustes sauvages et rosiers, anciens gradins abandonnés depuis une trentaine d'années...

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L'aile Sud du stade...avant les travaux © Entreprise Jacques Delens

"On a complètement débroussaillé et on a refait une structure bétonnée qui peut accueillir des sièges assis, mais sans toucher à la physionomie du Parc". Speaker et historien du club, Dominique Deprêtre répercute aussi l'écho du Président d'honneur du club et bourgmestre de Saint-Gilles et celui du supporter de base, le concierge du stade. Jef De Rooy: "Tout ensemble, c'est mieux qu'avant, c'est le jour et la nuit!". Charles Picqué: "C'était un souhait des supporters, c'est qu'on ne change pas trop le stade. Les briques, les pierres, les gradins...c'est l'histoire de l'Union."

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La façade de 101 mètres de la tribune principale, chaussée de Bruxelles, est classée. © RTBF

Un stade dans le Parc, un Parc qui, pour les trois quarts de son périmètre, encadre le stade, un stade dans la ville...qui est protégé, comme la façade est classée: autant de contraintes environnementales qui resserrent les conditions de l'octroi de permis d'urbanisme (toits interdits sauf à la tribune principale). Et qui s'ajoutent aux obligations, financières et sportives, de la Ligue professionnelle. Entre autres: un éclairage plus puissant (931 lux désormais), une capacité minimale d'accueil de 8.000 places dont 5.000 assises.

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Les nouvelles tribunes (ici, la Sud, 2.000 personnes) épousent le relief et la courbe de la cuvette. © RTBF

Un équilibre délicat que le Club a trouvé sur la base d'un budget de 4,3 millions d'Euros, partagé entre la donation royale (le propriétaire prête environ 1,5 million d'Euros sans intérêt) et les pouvoirs publics, soit la région (2,48 millions) et la commune (environ 400.000 Euros). "A ces subsides, il y a des contre-parties, précise Charles Picqué. "L'Union règle à la commune de Saint-Gilles un loyer de 5.000 Euros par match et comme nous ne sommes pas là pour faire gagner de l'argent à une société privée, ces investissements doivent aussi générer un intérêt pour le sport pour les jeunes. Avec le matricule de l'Union, il est évident que nous pouvons attirer davantage de jeunes que si l'Union avait un matricule de  club de provinciale, avec tout le respect que j'ai pour ces clubs-là. Les pouvoirs publics doivent être modestes dans les investissements actuels, mais c'est aussi de leur responsabilité de perpétuer une histoire."

Une rénovation n'est pas l'autre...

Les objectifs, les budgets, les contraintes sont différents, mais ils gardent une dimension belge. Le stade de l'Union Saint-Gilloise répond aux normes du championnat belge, ceux d'autres clubs professionnels, de division 1A, ont été rénovés à la fois pour offrir un confort supérieur et respecter le cahier des charges européen.

Avec ou sans subsides? Des prêts sur quelle durée, à quel taux d'intérêt? Le statu-quo paraît en tout cas dommageable: "dans ce cas, fait remarquer Niels Van Branteghem, le manager des licences à la Ligue professionnelle, on ne va plus pouvoir concurrencer les Pays-Bas, la France, la Suisse qui tous ont plus de nouveaux stades que nous. Nous devons aussi penser à des rénovations ou même à des nouveaux stades pour augmenter le confort des spectateurs et les revenus. Plus de revenus, cela veut-il dire d'autres activités que le football dans le stade?  "A Saint-Trond, il y a des magasins, à Gand, des bureaux et des magasins. A Bruges, le nouveau stade envisagé ne serait consacré qu'au football." Là aussi, les cas sont différents.

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