Rénovation des bâtiments scolaires: le réseau libre floué dans la répartition des fonds?

Rénover les bâtiments scolaires est l'un des gros chantiers de l'actuel gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles (FWB). Pour financer ces travaux, estimés à plus d'un milliard d'euros, le gouvernement compte sur une partie de l'argent européen du plan de relance. Mais certains s'estiment déjà floués dans la répartition prévue de ces fonds. Etienne Michel, directeur du réseau de l'enseignement catholique (SeGEC), dénonce un déséquilibre entre les réseaux scolaires qui pourrait devenir une "bombe à retardement"

Ainsi, par rapport à tous les autres réseaux scolaires, celui réseau organisé par la FWB serait clairement "surfinancé par rapport à son nombre d'élèves", estime Etienne Michel. Il explique: "Le gouvernement envisage d'octroyer 58,5% des moyens pour le réseau organisé par la FWB. Pourtant, il représente à peine 15% de la population scolaire". En parallèle, ajoute-t-il, "les autres réseaux subventionnés (libres ou officiels) qui regroupent les écoles catholiques, communales, provinciales... devraient se contenter de 41% des moyens. Pourtant, ils représentent ensemble 85% de la population scolaire. Le déséquilibre est évident".

Il tient à souligner: "Il ne s'agit donc pas d'un clivage entre réseaux libre et officiel, mais entre le réseau organisé par la FWB et tous les autres".

Perte de 96 millions pour l'enseignement libre

Il existe pourtant un décret qui prévoit que les moyens soient répartis en fonction du nombre d'élèves. Et selon les calculs d'Etienne Michel, dans le plan de répartition des fonds, le réseau de la FWB "bénéficierait d'un surfinancement de 130 millions d'euros". A contrario, "les communes et les provinces connaîtraient une perte de 36 millions d'euros. L'enseignement libre, lui, perdrait ainsi 96 millions d'euros."

Ce déséquilibre dans la répartition des fonds arrive pourtant à un moment critique. Dans le cadre du défit énergétique, explique Etienne Michel, "toutes les écoles - officielles ou libres - vont devoir atteindre des objectifs de neutralité carbone en 2035-2040. C'est un effort colossal estimé à plus de 4 milliards d'euros pour l'ensemble des bâtiments scolaires." Les écoles espèrent donc avoir un coup de pouce équivalent pour se plier à ces nouvelles exigences. 

Etienne Michel se montre toutefois confiant: "Nous avons été reçus par le ministre Daerden et avons bon espoir qu'un rééquilibrage puisse se faire de manière correcte."

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