Remplacement des F16, qu'en pensent les pilotes?

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temporary-20160406102853 - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La Défense Nationale a organisé ce mardi une journée d'information pour les adolescents à la base de Beauvechain. L'occasion se pencher sur ce que pensent les militaires des remplacements prochains des F16.

Y aura-t-il assez d'argent?

Le Général Major Van Cinna, qui commande la force aérienne, a piloté des F16 pendant 14 ans. Il aime cet appareil, mais se prépare à son remplacement.

"Si je ne m’abuse, le gouvernement s’est mis d’accord pour décider du nom du candidat début 2018, donc nous avons encore un peu de temps. Mais ces programmes-là, il faut des années pour les réaliser."

Le hic, c'est que le gouvernement cherche des milliards chaque année pour boucler son budget. Peut-on être sûr d'arriver à une décision en 2018?

"En principe, si la Belgique veut maintenir cette capacité sur la carte internationale avec ses F16, il faudra prendre une décision en 2018 pour avoir les avions à temps, pour ne pas avoir un creux entre la fin du F16 et la mise en service du nouvel avion."

Cinq candidats en lice

L'estimation du budget alloué au remplacement des F16 oscille, à la grosse louche, entre 4 et 5 milliards. Tout dépend évidemment des chasseurs qui seront achetés.

Cinq candidats sont en lice : deux américains, le F35 de Lockheed Martin et le F18 de Boeing. Il y a aussi le Rafale du Français Dassault,  il y a le Suédois Gripen et l'Eurofighter.

Les pilotes de l'armée connaissent les différentes qualités et défauts des prétendants. Mais ils sont prêts à attendre encore quelques années avant de quitter le F16.

"On a toujours amélioré le F16 et, au jour d’aujourd’hui, c’est encore une très bonne machine explique Sonic, basé à Florennes. Le F16 est un appareil qui permet de faire beaucoup de missions différentes que ce soit d’attaques au sol, missions antiaériennes, et même des missions de reconnaissance."

Interrompre leur partenariat avec les Américains, c'est une mauvaise idée

Les étudiants qui sont venus sur le tarmac de Beauvechain sont moins discrets dans leurs pronostics. Tristan Lemoine étudie au Cardinal Mercier à Braine- L'Alleud. Il rêve d'être pilote et il a son idée sur le successeur du F 16.

"Ils ne devraient pas choisir le F35 parce que c’est un avion cher, mais c’est quand même un avion américain comme le F16. Moi je serais plutôt pour le Rafale mais s’ils choisissent le Rafale, ils vont devoir interrompre leur amitié, leur partenariat avec les Américains et ce n’est pas une bonne idée."

L'appel d'offres n'est pas encore lancé, il faut que le gouvernement donne son feu vert pour que la procédure démarre. Mais le chef d'Etat-Major est convaincu qu'on retrouvera alors les cinq candidats qui ont marqué un intérêt de départ.

"Je crois que le marché belge est un marché qui intéressera beaucoup de monde, déclare le Général Van Calleberghe. Nous sommes une Force Aérienne qui a une certaine expertise, donc j’espère que beaucoup de candidats se présenteront pour venir travailler chez nous."

S'exprimant sur les rumeurs relatant que la Défense aurait déjà posé son choix sur le F35, le Général contredit cela formellement. "Il y aura une vraie compétition et on évaluera toutes les offres avec tous les éléments nécessaires. Nous y sommes obligés. C’est vraiment une compétition officielle au niveau mondial. Donc on comparera tous les candidats."

"Les retombées industrielles sont extrêmement importantes. Je suis de la génération du F16 et du F104 et ces deux machines-là ont eu des retombées énormes pour la technologie belge dans le secteur espace et aviation. On exploitera toutes les possibilités."

De quoi rassurer sans doute nos entreprises aéronautiques qui comptent beaucoup sur ce contrat pour renforcer leurs carnets de commandes. Reste à voir quand et comment le gouvernement se prononcera sur la question. En attendant, le F16 a encore du temps devant lui.

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