Refus de serrer la main à son échevine: cinq jours de retenue sur salaire

C'est un cas rare, mais il est interpelle les défenseurs du principe fondamental d'égalité hommes-femmes. 

C'est lors d'une rencontre avec le service "propreté publique" que l'échevine Viviane Teitelbaum a été choquée par l'attitude d'un ouvrier : "Quand je suis arrivée devant cette personne, effectivement, elle m'a dit 'je ne peux pas vous serrer la main parce que vous êtes une femme'. Voilà. Je pense que l'égalité homme-femme est quelque-chose qui aujourd'hui est acquis dans la constitution et qu'il faut respecter, quelles que soient ses origines, quelle que soit sa religion, sa tradition". 

L'homme, que nous n'avons pas pu joindre, avait alors expliqué son comportement par un interdit religieux. Nous avons demandé l'avis d'une professeure de religion islamique sur ce type d'attitude. "Théoriquement, dans la religion islamique, les hommes et les femmes n'ont pas de contacts physiques entre eux. Donc ça va de la bise, au salut en rue, jusqu'à se serrer la main. Mais ça, c'est chacun selon son interprétation et sa manière de vivre" explique Carole Constant. 

Dans la pratique, la plupart des fidèles ne refusent pas la poignée de main à une femme, poursuit la professeur : "Il y en a très peu qui appliquent ce genre de choses parce qu'on est dans un pays pluriel où serrer la main est un signe de politesse. Et l'Islam demande ça aussi : la politesse, le respect de l'autre, ...". 

Mais pour Viviane Teitelbaum, c'est le principe fondamental de l'égalité des sexes qui n'a pas été respecté. Le Collège a suivi cet avis en sanctionnant l'intéressé. L'homme a semble-t-il accepté la sanction de cinq jours de retenue sur salaire, tout en affirmant qu'il ne changerait pas d'attitude. 

J-C. Hennuy

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