Réfrigérer des grands blessés pour tenter de les sauver, tests en cours

Réfrigérer des grands blessés pour tenter de les sauver, test en cours
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Réfrigérer des grands blessés pour tenter de les sauver, test en cours - © DIRK WAEM - BELGA

Remplacer le sang d'un patient par une solution saline froide pour refroidir son corps et ralentir l'activité cellulaire, c'est la technique qu'a décidé de mettre en pratique une équipe de médecins dans un hôpital de Pittsburgh (Pennsylvanie, Etats-Unis). La méthode qui a déjà fait ses preuves sur des cochons, pourrait sauver de nombreuses vies.

Si les avantages du refroidissement, ou de l'hypothermie induite, sont connus depuis des décennies, c'est la première fois qu'elle est expérimentée sur l'homme.

Dr Samuel Tisherman, qui dirige cette expérimentation, s'est expliqué, il y a deux mois, au magazine New Scientist. L'idée est qu'en abaissant la température corporelle à dix degrés, cela réduit les besoins en oxygène d'un individu. Pour la personne qui arriverait aux urgences dans un état critique, cela donnerait un peu plus de temps (jusqu'à 2 heures) aux urgentistes pour traiter les lésions avant mort cérébrale.

A basse température, les cellules ont en effet besoin de moins d'oxygène car toutes les réactions chimiques ralentissent. C'est ce qui explique pourquoi une personne qui est tombée dans un lac gelé peut parfois être réanimée plus d'une demi-heure après avoir cessé de respirer.

La solution saline sera ensuite remplacée par du sang. Si le cœur ne redémarre pas par lui-même, le patient sera réanimé. "Le sang neuf va chauffer le corps lentement, ce qui devrait aider à prévenir des lésions de reperfusion", peut-on lire.

Sur les cochons, la méthode a fait ses preuves

La technique a déjà fait ses preuves sur les cochons, rapporte pour sa part Slate. "Leurs premiers travaux, publiés dans la revue Surgery en 2002, avaient été menés sur des porcs du Yorkshire anesthésiés qui avaient été saignés pour simuler une forte perte de sang consécutive à une blessure", peut-on lire.

Après avoir été refroidis et "une fois leurs blessures refermées, les animaux étaient progressivement réchauffés et leur système sanguin de nouveau irrigué normalement. Au total, les animaux avaient passé 60 minutes en hypothermie. Six semaines plus tard, ceux qui avaient survécus ne présentaient pas de troubles neurologiques et leurs fonctions cognitives semblaient intactes".

Le risque de procès

Restait à expérimenter cette technique sur l'homme sans courir le risque d'un procès car en cas d'urgence, ni le patient ni la famille ne peut donner son consentement. L'UPMC Presbyterian Hospital de Pittsburgh a finalement trouvé la parade. Une large publicité a dû être faite autour de cette expérimentation donnant la possibilité à tout un chacun de s’inscrire en ligne au cas où il refuserait un tel traitement.

Par ailleurs, l'expérience se limite aux cas critiques : des personnes victimes d'une blessure susceptible de lui être fatale et pour laquelle il n'existe aucun traitement alternatif.

Dans un premier temps, seuls dix patients serviront de cobayes. "Les bilans cliniques de ces dix patients seront ensuite comparés à ceux de dix autres, admis dans les mêmes conditions mais qui n’auront pas bénéficié de la technique. Cette dernière sera adaptée en fonction des premiers résultats obtenus. Ensuite de nouvelles séries de dix patients seront expérimentés jusqu’à ce que les résultats à analyser soient suffisants", a expliqué le Dr Samuel Tisherman au magazine New Scientist.

 

C. Biourge

 

 

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