Allocations familiales: "Toutes les familles vont y gagner, surtout les plus modestes"

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles était ce vendredi matin dans Matin Première.
Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles était ce vendredi matin dans Matin Première. - © Capture d'écran.

Le gouvernement wallon a décidé de réformer le système des allocations familiales. Les parents wallons toucheront 155€ par mois pour chaque enfant à partir de 2019 pour remplacer le système progressif actuel. Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles était ce vendredi matin dans Matin Première.

Sa secrétaire politique l'a répété ce matin: la Ligue des familles était favorable à cette évolution. "Le système actuel est né après la guerre, avec l’ambition d’encourager les gens à faire des enfants, explique Delphine Chabbert. Aujourd’hui, les enjeux sont bien différents. Suite à la sixième réforme de l’Etat, nous nous sommes dit que c’était l’occasion pour réformer ce système qui ne correspond plus aux familles d'aujourd’hui". La Ligue a identifié deux objectifs qu'elle estime vraiment essentiels à un système d’allocations familiales: soutenir la parentalité et lutter contre la pauvreté. "Toutes les enquêtes nous montrent que l’allocation familiale est l’une des prestations les plus efficace en matière de lutte contre la pauvreté des enfants, constate Delphine Chabbert. Il nous semblait essentiel de revoir le système pour qu’il soit plus redistributif en donnant un peu plus aux familles qui en ont le plus besoin". La secrétaire générale de la Ligue des Famille est également favorable à l’instauration de ce système en région bruxelloise.

A qui profite cette évolution? 

Au chiffre de base de 155€ par enfants s’ajoute donc des suppléments pour les familles aux revenus plus modestes, mais aussi des aides pour les familles monoparentales. Il est difficile de savoir quelles sont les familles qui profiteront de cette évolution. "Aujourd’hui, on a un système où les suppléments sont accordés en fonction des statuts, et c’est très injuste, estime la Ligue des familles. Le nouveau système se basera sur les revenus. Ce sont les familles d’origine modeste qui y gagneront, y compris la petite classe moyenne puisque les suppléments seront accordés jusqu’à un plafond de 50 000€ par an. Mais en augmentant cette allocation du premier enfant, ce sont toutes les familles qui y gagnent. Le moment du premier enfant est celui qui coûte le plus cher puisqu’il faut s’équiper, c’est un moment où les revenus sont généralement inférieurs à ceux perçus ensuite, au deuxième ou troisième enfant".

Qu'en est-il pour les familles qui gagnent plus de 50 000€ par an? La secrétaire politique de la Ligue des familles tient à rappeler que le nouveau système ne concernera que les nouveaux arrivants dans le régime des allocations familiales. "Les familles qui ont des allocations familiales aujourd’hui vont garder le même montant jusqu’à ce que leurs enfants sortent du système, c’est-à-dire jusque 25 ans s’ils font des études supérieures, clarifie Delphine Chabbert. Ce sera donc pour les familles qui entreront après dans le système, et en effet les familles nombreuses à hauts revenus auront moins qu’aujourd’hui".

Le système coûtera plus cher, la Ligue des familles se pose donc la question du financement."Nous avons proposé un système à budget constant, celui-ci présente un excédent budgétaire. Où cet argent va-t-il être pris?, se demande Delphine Chabbert. Si c’est sur une non-indexation des allocations familiales, nous ne serons pas satisfaits car ce n’est pas aux familles de payer ce montant. S’il y a un supplément budgétaire, il devra être pris ailleurs, et je ne sais pas où le gouvernement wallon ira chercher cet argent".

Si on ne se lance pas dans le projet de réforme de l'enseignement, je pense que nous sommes repartis pour dix ans d’immobilisme

Alors que les syndicats ont dit non au Pacte d’excellence, la Ligue des familles se positionne pour une réforme du système de l’enseignement. "Tous les acteurs du pacte se sont retrouvés sur des constats et des finalités, les modalités viendront par après. Bloquer la négociation à ce moment-là me paraît être un très mauvais signe, estime Delphine Chabbert. J’entends les craintes des enseignants mais je pense que l’heure est au temps des responsabilités. Si on ne se lance pas dans ce projet de réforme, je pense que nous sommes repartis pour dix ans d’immobilisme". Les acteurs du Pacte ont proposé que le tronc commun soit prolongé jusqu'à la 3ème secondaire. Mais les enseignants craignent non seulement pour l'emploi (notamment dans les filières qualifiantes, il n'y aura plus que trois ans au lieu de quatre aujourd'hui), mais ils craignent aussi que certains élèves décrochent car il n'y aura pas d'épreuve d'évaluation participative avant quinze ans. Pour Delphine Chabbert, il faut mettre les moyens pour atteindre effectivement les objectifs du Pacte. "Il faut que les enseignants puissent faire le travail correctement pour que ce tronc commun soit vraiment ce qu’il ambitionne être et que ce ne soit pas juste une année supplémentaire", exige-t-elle.

Le Pacte d’excellence prévoit une épreuve certificative en troisième secondaire, et avant cela, l’objectif est de diminuer de moitié le nombre de redoublements. Beaucoup de parents critiquent ce point-là, Delphine Chabbert voit cela plutôt comme un nivellement vers le haut: "Nous sommes les champions du redoublement alors qu’on sait qu’il a des impacts négatifs sur le parcours scolaire de l’élève. Il y a tout à fait moyen d’organiser la remédiation individualisée".

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