Réforme de la loi sur l'avortement: les évêques s'inquiètent que l'IVG devienne "une intervention ordinaire"

Une marche contre l'avortement à Bruxelles.
Une marche contre l'avortement à Bruxelles. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Les évêques de Belgique ont réagi mardi avec inquiétude à la perspective d'une modification de la loi sur l'avortement. La législation est sur la table d'un nouveau groupe de travail créé à la Chambre, qui doit dégager des textes de consensus. A la suite d'une série de propositions de loi, on se dirige vers un allongement du délai légal dans lequel une IVG (interruption volontaire de grossesse) est autorisée, à 18 semaines, et vers une réduction du délai de réflexion, à 48 heures.

Le délai de réflexion, qui fixe une période minimale entre la première consultation médicale en vue d'une IVG et l'intervention en tant que telle, est actuellement de 6 jours. Il n'y a en revanche pas d'unanimité dans le groupe de travail sur une dépénalisation complète de l'avortement, même si plusieurs textes vont dans ce sens.


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Les évêques de Belgique voient en tout cas dans la probable prolongation prochaine du délai autorisé pour l'IVG, ainsi que dans la réduction du délai de réflexion obligatoire, "un changement dans la signification de l'interruption de grossesse". L'avortement deviendrait ainsi "une intervention médicale ordinaire", selon la Conférence épiscopale.

Il est incompréhensible qu'une question d'une telle importance et si délicate soit traitée aussi vite et sans débat de fond préalable

Élargir les conditions dans lesquelles l'avortement est légalement possible comporte le risque qu'une telle décision d'interrompre une grossesse soit prise "à la légère", craint-elle, pointant que "désarroi et solitude n'en seront que plus exacerbés".

"Considérer l'avortement comme un simple acte médical en fait aussi un droit. (...) Invoquer la notion de liberté de conscience (pour refuser une IVG ou la remettre en question, NLDR) sera de plus en plus difficile", argumente encore la Conférence épiscopale, dans une lettre signée par le cardinal Joseph De Kesel et les évêques de Belgique.

La question de la rapidité des avancées sur ce sujet est aussi abordée: "il est incompréhensible qu'une question d'une telle importance et si délicate soit traitée aussi vite et sans débat de fond préalable", estime la Conférence des évêques.

Journal télévisé 08/11/2019

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