Réduction de la bulle sociale à 5 personnes : comment en parler avec les enfants?

Le Conseil national de sécurité a décidé lundi de réduire notre "bulle sociale" autorisée à 5 personnes maximum, en plus de sa propre famille. Auparavant elle était autorisée jusqu'à 15 personnes. Cette nouvelle norme entre en vigueur le 29 juillet, et elle est d'application pendant quatre semaines. Interrogé sur La Première, le psychopédagogue Bruno Humbeeck (UMons) estime que "ce mot 'bulle' est très mal compris. Si on explique par exemple qu'on invite chacun à organiser sa vie autour de sa maisonnée, on sera beaucoup plus proche de la réalité. On a tendance à vivre avec des gens, et on n'est pas en train de fermer les contacts sociaux. Le but du jeu est de cadrer l'univers festif et c'est là qu'il y a une confusion énorme : cela ne va pas nuire aux relations sociales de proximité. Cela va éviter les événements de foule avec un monde social de gens qui ne se connaissent pas et qui font connaissance. Sur ce plan-là c'est assez dur : ce n'est pas cet été que l'on risque de rencontrer des nouvelles personnes avec le plus de probabilités. Mais il n'y a aucune menace au niveau de notre sphère sociale, on est clairement dans la 'maisonnée', c'est-à-dire le foyer qui est clairement constitué et qui reste en contact avec un environnement à partir de ce qu'on appelle une 'bulle'".

L'homme est un animal social

"Pour les personnes qui vivent seules, il est impératif que la bulle (les 5 personnes) soit activée. Le problème de la solitude, par exemple chez les personnes âgées, est révélé par la crise que nous vivons. Ces personnes sont généralement seules et cette solitude est aggravée par la situation qu'elles vivent actuellement. Donc il faut vraiment se préoccuper des gens qui sont en situation d'isolement. Ce n'est pas nouveau et ce n'est pas lié à la pandémie. Il y a des personnes qui ont des relations sociales plus ou moins étendues. L'homme est un animal social, il doit avoir des relations sociales, mais il n'est pas nécessairement systématiquement un être festif. Si on est amené à avoir des relations sociales dans un cadre complètement débridé, c'est cela qui pose problème au niveau de la pandémie. Pour les personnes qui organisent des fêtes, il y a un coup d'arrêt assez brutal et difficile à vivre. Mais pour vie sociale de monsieur et madame tout le monde, je pense qu'on n'est pas dans quelque chose de brutal", poursuit-il.


►►► À lire aussi : Toutes les infos sur le coronavirus


"Il ne faut donc pas se tromper de mot, c'est encore plus vrai pour les enfants que pour les adultes. Si on explique qu'on vit un 'reconfinement' par exemple, on a une sensation d'échec, avec parfois l'impression d'une punition : on aurait mal agi et donc on est puni et confiné. Si on l'explique comme cela à un enfant, il va le vivre comme une punition. Il faut vraiment éviter de parler de reconfinement. Pour le moment il n'est pas question de reconfinement, il est question de recadrer l'univers festif. Si on explique à un enfant qu'on va revivre plus autour de la maisonnée, c'est-à-dire en évitant tous les espaces festifs, il peut très bien le vivre. De même il ne faut pas présenter les choses comme si la pandémie était complètement incontrôlée : cela angoisse les enfants si on leur explique qu'on ne sait plus quoi faire, qu'il faut se reconfiner", dit encore Bruno Humbeeck.

"Vivre avec ce virus à bas bruit"

Le psychopédagogue cite une expression du docteur Yves Coppieters, qui intervient régulièrement dans les médias "en disant qu'il 'faut s'habituer à vivre avec ce virus à bas bruit'. Ce joli mot est très audible par les enfants. Si on parle tout le temps du virus, il y a un vrai problème et cela devient invivable. De même si on donne l'impression que parler d'autre chose, y compris devant les enfants, serait faire preuve d'insouciance ou d'inconscience. Il faut pouvoir parler d'autre chose. On doit laisser le virus continuer à être là à bas bruit, et mettre en place un cadre sérieux : le masque et les gestes protecteurs (préférer ce qualificatif à celui de barrière). Ce cadre doit être pris très au sérieux mais sans mettre un climat de gravité, qui serait nocif pour les enfants".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK