Réchauffement climatique : quelles nouvelles plantes apparaissent en Belgique ?

Le géranium pourpre va se développer en Belgique
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Le géranium pourpre va se développer en Belgique - © Tous droits réservés

Après un mois de juillet enregistré comme le plus chaud jamais mesuré dans le monde, les conséquences de ce climat de plus en plus chaud se multiplient. Au Royaume-Uni, une plante tropicale qui abondait il y a 280 millions d’années a fait son retour sur l’Île de Wight. "Une indication claire que des étés plus chauds ainsi que des hivers plus doux entraînent ce phénomène", explique un botaniste de l’île. Mais qu’en est-il chez nous ? Notre flore est-elle également en pleine mutation ?

De nouvelles plantes méditerranéennes

Pour Léon Woué, président du Cercle des Naturalistes de Belgique, notre flore va sensiblement évoluer : "La flore dépend de la nature du sol et du climat. Chez nous, le climat est habituellement tempéré. Avec le changement climatique, certaines espèces risquent de disparaître au profit d’autres espèces plus adaptées à des températures élevées et des sécheresses. Des plantes que l’on observe habituellement dans le sud de la France et dans le bassin méditerranéen vont peu à peu remonter vers nos contrées".

 

Cela se fera progressivement. Mais des évolutions sont déjà visibles : " Nous n’avons pas encore de liste précise, il faudra attendre quelques années. Mais je peux déjà vous dire que la Fumana, une espèce méditerranéenne, va se développer dans nos régions. Le Géranium pourpre est également en extension rapide. Sur les terrils, on observe des Inules camphrées, qui viennent du sud de la France", précise Bernard Clesse, botaniste.

Tandis que des plantes apparaissent, d’autres se modifient, "comme la glycine", explique Pierre Meerts, professeur en botanique à l’ULB. "Avant, elle ne produisait pas de fruits fertiles car le climat n’était pas assez chaud. Aujourd’hui, on voit apparaître ces fruits". Et certaines plantes, qui migrent du sud vers le nord, inquiètent les scientifiques. "C’est le cas de l’Ambroisie, d’origine américaine. On l’a déjà observée en Belgique, mais elle est surtout présente en France pour l’instant. C’est une plante qui provoque des allergies respiratoires fulgurantes", selon Pierre Meerts.

Si certaines espèces se développent, d’autres, par contre, risquent de disparaître : "Dans la forêt de Soignes, on observe que le hêtre se porte très mal, car il fait beaucoup trop chaud. Le département Nature et Forêts étudie actuellement quelles espèces, plus adaptées à ce nouveau climat, pourraient être plantées chez nous", déclare Léon Woué, président du Cercle des naturalistes de Belgique.

C’est aussi le cas d’autres espèces de plantes, que l’on retrouve dans les Hautes-Fagnes. Habituées à des températures plus fraîches, elles disparaissent peu à peu. "Mais d’autres causes que le réchauffement climatique sont responsables de la disparition de certaines espèces", ajoute Pierre Meerts, professeur en botanique à l’ULB. "Par exemple, nos sols sont actuellement gorgés d’azote, à cause de l’industrie et de l’agriculture. Ces sols pollués ont favorisé la prolifération d’orties, au détriment d’autres espèces indigènes. Quand je retourne dans les endroits que j’analysais dans les années 70, en tant que jeune botaniste, et que j’y retourne maintenant, je constate réellement que la flore a drastiquement changé", conclut-il.

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