Réacteurs nucléaires: les experts internationaux sont-ils bien indépendants?

La centrale de Doel
La centrale de Doel - © GEORGES GOBET (belga)

Plusieurs groupes de travail ont en effet été mis sur pied pour analyser et évaluer les risques éventuels des défauts relevés dans les cuves des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2. Ces experts devront donc bientôt rendre un avis.

L'un de ces groupes est composé d'experts internationaux: l'Agence fédérale de contrôle nucléaire en a communiqué la composition il y a quelques jours. Certains noms, surtout un, suscitent cependant des interrogations.

Parmi les experts internationaux désignés par l'Agence, on trouve un expert bulgare, Stefan Vodenicharov. Il dirige l'Institut de la science métallographique à Sofia. Mais ce qui pourrait poser question, c'est son engagement très affirmé en faveur du redémarrage de deux réacteurs de la centrale nucléaire bulgare de Kozloduy. Ces réacteurs d'origine soviétique étaient jugés dangereux par les Européens pour leurs caractéristiques propres et pour leur localisation dans une zone à risques sismiques. Leur fermeture, réalisée en 2006, était une des conditions posée par l'Union européenne  pour accepter l'entrée  de la Bulgarie. Stefan Vodenicharov était carrément le président du Comité de défense de la centrale. Encore récemment, il a remis le couvert en faveur d'un engagement fort de la Bulgarie dans le nucléaire, alors qu'elle vient de renoncer à construire un nouveau réacteur. Ce n'est certes pas un crime de défendre cette opinion mais cet engagement public très marqué de l'expert bulgare pourrait poser la question du conflit d'intérêts, susciter des doutes et des questions sur l'authentique indépendance des experts. D'autres parmi eux ont pris des positions en faveur du nucléaire, mais plus générales sans doute et pas liée à une centrale particulière, dangereuse ou non.

Marc Molitor

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK