Réacteurs nucléaires de Doel 1 et 2 : une consultation populaire ouverte à tous, dans un rayon de 1000 kilomètres

Faut-il prolonger ou non la vie de réacteurs nucléaires belges ? La question semblait politiquement tranchée au début du siècle, notamment pour Doel 1 et Doel 2, les plus anciens. Ceux-ci n’ont pas été démantelés, comme prévu, en 2015. Ils ont bénéficié d’un prolongement de dix ans, une décision politique que la Cour constitutionnelle a annulée, tout en maintenant ses effets jusqu’à la fin de 2022. La Cour impose une nouvelle loi pour valider le prolongement initialement prévu et a ajouté une obligation : évaluer l’effet des activités d’une vieille centrale sur l’environnement.


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Consultation populaire

Et pour ce faire, une consultation populaire est organisée à partir de ce 15 avril. Une enquête à laquelle peuvent participer tous les citoyens qui vivent dans un rayon de… 1000 kilomètres autour de Doel. Une enquête publique transfrontalière donc, ouverte jusqu’au 15 juin. Les raisons d’une consultation aussi large s’expliquent par des conséquences au-delà des frontières de la Belgique, en cas d’accident nucléaire.

Les conclusions doivent permettre de régulariser, dans certaines conditions, le prolongement de Doel1 et de Doel2. C’est ce que nous explique la ministre fédérale de l’Energie, Tinne Van der Straten (Groen) : "On attend les réactions de tous les citoyens Belges et non Belges qui seront données. On va ensuite les analyser et on va motiver la proposition de loi qui doit être régularisée. Il n’y a pas de conditions contraignantes. Il faut motiver et écouter les citoyens et puis agir".

Témoignages

Au nord-ouest d’Anvers, le long du port, nous rencontrons des promeneurs. De prime abord, Christine pense que le prolongement de la vie d’une centrale, ce n’est pas bon pour l’environnement, mais elle n’est suffisamment informée pour en mesurer les conséquences.

A une bonne dizaine de kilomètres au sud, se trouve la ville de Beveren. Ghislain estime que tant qu’il n’y aura pas de production équivalente au nucléaire la centrale doit continuer à fonctionner. Cela n’aurait pas de sens de l’arrêter. Dans cette commune proche des réacteurs de Doel, les interrogations sur l’impact environnemental sont peu nombreuses à l’exception d’il y a une dizaine d’années. Giete, nous explique que chaque habitant avait reçu alors des comprimés d’iode pour atténuer les conséquences d’un éventuel accident nucléaire.

Prochaine étape

Après cette consultation, la prochaine étape, ce sera un projet ou une proposition de loi qui sera déposée devant le parlement. L’objectif étant de régulariser la loi qui date de 2015 et qui prévoyait le prolongement de l’activité des réacteurs de Doel 1 et Doel 2 pour 10 ans. Mais, quoi qu’il arrive, et en restant prudent dans ce dossier délicat, les réacteurs vont s’arrêter définitivement en 2025.

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