Réacteur de Doel 1 à l'arrêt: Electrabel tente de rassurer, Ecolo-Groen dit "Stop"

Un problème dans la partie non-nucléaire de la centrale, au niveau de l'alternateur, serait à l'origine de l'arrêt automatique du réacteur nucléaire Doel 1 qui est survenu samedi vers 18h00, indique dimanche matin Els De Clercq, responsable communication de la centrale de Doel.

"L'alternateur se situe dans la partie conventionnelle de la centrale. Il s'agit d'une grande turbine dans laquelle l'électricité est produite", selon Mme De Clercq. Des mesures supplémentaires seront effectuées afin de connaître les raisons précises de la panne.

Toujours selon Electrabel, l'arrêt automatique du réacteur nucléaire n'a eu aucune incidence sur la sécurité des employés, ni sur les installations de la centrale nucléaire. Un redémarrage rapide devrait donc être possible selon Electrabel qui évoque "plusieurs heures à quelques jours".

Et toujours selon l'exploitant de la centrale, cet incident rentre dans une moyenne tout à fait normale d'incidents. Une situation qui focalise l'attention, parce qu'Electrabel joue la carte de la transparence, même si en apparence les incidents semblent se multiplier. 

Ecolo-Groen: "Electrabel ne maîtrise plus la situation"

Mais les écologistes ne l'entendent pas de cette oreille et ont réclamé dimanche la suspension des opérations de prolongation de Doel 1 et 2 à la suite de cet incident.

Selon le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, Jean-Marc Nollet, il faut d'abord laisser le temps à l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) de réaliser l'inspection prévue cette année et l'année prochaine.

"Cette centrale de Doel 1 devait être relancée pour dix ans et est à l'arrêt au bout d'une semaine. On a l'impression qu'Electrabel ne maîtrise pas totalement la situation et qu'il mène ce redémarrage à un rythme effréné", a déclaré M. Nollet.

L'AIEA mènera une inspection "Safety Aspects of Long Term Operation" (SALTO) dans le cadre de la prolongation des réacteurs nucléaires en deux phases. Une mission d'experts devrait avoir lieu durant une semaine en février 2016 avant une mission plus complète en 2017.

"Nous demandons la suspension des opérations de prolongation jusqu'à ce que l'AIEA ait réalisé son inspection, et ce d'autant plus que tant Elia (gestionnaire du réseau de transport de l'électricité) que la CREG (commission de régulation de l'électricité et du gaz) ont démontré qu'il n'y aurait pas de problème de pénurie d'énergie", a ajouté M. Nollet.

Le chef de groupe écologiste rappelle que des travaux de trois ans avaient précédé la relance du réacteur de Tihange 1 sous la législature précédente.

"Cela montre que les systèmes de sécurité fonctionnent"

"Il n'y a aucun problème de sécurité concernant le réacteur nucléaire Doel 1", a déclaré pour sa part le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, sur la chaîne Eén ce dimanche. 

Cette mise à l'arrêt automatique prouve, pour Jan Jambon, que "les systèmes de sécurité fonctionnent". "C'est un petit incident." "Je comprends que l'opposition souhaite en tirer profit, mais parler d'insécurité du nucléaire n'est tout simplement par correct", a-t-il ajouté.

La présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten, a quant à elle souligné sur le plateau de VTM qu'il fallait attendre le travail des experts avant de tirer des "conclusions hâtives".

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