RDC: tollé général après l'acquittement de mineurs, proches de Kabila, accusés de viol

RDC: tollé général après l'acquittement de mineurs, proches de Kabila, accusés de viol
RDC: tollé général après l'acquittement de mineurs, proches de Kabila, accusés de viol - © ROBERTO SCHMIDT - AFP

La faible condamnation de deux mineurs et l'acquittement controversé de cinq autres enfants des personnalités proches de l'ancien président Joseph Kabila accusés de viol collectif de leur condisciple de treize ans a provoqué l'organisation d'une manifestation jeudi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, a rapporté une équipe de l'AFP.

Une centaine de militants prodémocratie et quelques acteurs politiques ont manifesté devant une école réputée du nord de Kinshasa où étudiaient la victime et les auteurs du viol, scandant des slogans contre le verdict du tribunal pour enfants qui a acquitté cinq enfants de plusieurs personnalités qui étaient poursuivis comme coauteurs du viol.

Tous les enfants impliqués dans ce viol devraient aller dans un centre de rééducation

"Le plan prémédité de viol a été conçu par des auteurs principaux. Ma nièce a été invitée à une fête, où elle a été droguée sans le savoir et après violée, comme toutes les évidences vont le démontrer, (y compris) les vidéos qui ont été montrées au juge à huis clos", a déclaré à l'AFP Joe Yawili, oncle de la victime.

"Nous reprochons aux juges l'injustice. Ils ont acquitté cinq enfants alors qu'ils étaient sept: un enfant est condamné à un an, un autre au paiement de dix mille dollars. Ce n'est pas normal. Tous les enfants impliqués dans ce viol devraient aller dans un centre de rééducation", a protesté Junior Diofa, membre d'un parti de la coalition au pouvoir.

"Ceux qui accusent la famille de chercher à se faire de l'argent sont à plaindre: quel parent peut autoriser à sa fille de 13 ans à aller se faire violer pour se faire de l'argent?", s'est indigné le militant prodémocratie, Hornella Mujinga.

Des enfants d'un sénateur et d'un député notamment

L'affaire remonte au 17 mai, un jour férié en RDC, impliquant des enfants d'un sénateur et d'un député, notamment. Le viol établi par le tribunal pour enfants a eu lieu dans un appartement du quartier huppé de Gombe, pris à location par ces enfants pour une fête.

L'école décline toute responsabilité parce que "ce jour-là, les enfants étaient sous l'entière responsabilité de leurs parents", s'est défendu devant la presse Rolly Madiangu, directeur de l'école Révérend Kim, "surpris par cette manifestation injustifiée".

A la télévision publique la RTNC, une conseillère a déclaré que le président congolais Félix Tshisekedi suivait "de très près l'évolution de ce dossier".

 

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