Rapport Greenpeace: "Méconnaissance profonde des réalités de l'agriculture wallonne", selon la FWA

Rapport Greenpeace: "Méconnaissance profonde des réalités de l'agriculture wallonne", selon la FWA
Rapport Greenpeace: "Méconnaissance profonde des réalités de l'agriculture wallonne", selon la FWA - © Tous droits réservés

Dans un communiqué publié mardi, Greenpeace considère qu'"il est parfaitement possible de produire de la viande de manière durable en moindre quantité, tout en répondant aux besoins nutritionnels de la population belge".

L'association a commandité une étude sur l'élevage en Belgique à l'Earth & Life Institute de l'Université catholique de Louvain (UCLouvain): "Etude sur les scénarios d'élevage pour la Belgique en 2050".

Pour Greenpeace, les progrès technologiques offrent des moyens limités pour réduire les gaz à effet de serre et les autres effets nocifs de l'élevage sur l'environnement. Il faut donc changer le modèle agricole, en optant pour le durable avec un soutien public. "Nous devons faire passer la qualité avant la quantité, avec plus de diversité dans les champs et sur nos assiettes. Seul un cheptel réduit peut rendre cette évolution possible."

L'association précise qu'en Belgique, les porcs, les poules pondeuses et les poulets de chair sont actuellement élevés principalement en Flandre: c'est le cas pour 94% des porcs et 85% des volailles. La répartition des bovins, elle, est plus équilibrée mais la Flandre pratique une agriculture plus intensive que la Wallonie, d'après la situation dressée dans l'étude. 

L'équipe de chercheurs de Philippe Baret a développé plusieurs scénarios pour le secteur de l'élevage. Le principal: "Si nous ajustons le cheptel à une agriculture entièrement écologique et autosuffisante en alimentation animale, la production belge de viande diminuera de 83%. Dans ce cas, les émissions de gaz à effet de serre seront réduites de 58 %, les émissions d'azote de 50 % et l'impact sur la biodiversité de 76 %."

Notre agriculture est nettement plus favorable que celle que l'on pratique ailleurs dans le monde

Suit à la publication de ce rapport, la Fédération wallonne de l'agriculture (FWA), a estimé que Greenpeace "témoigne d'une méconnaissance profonde des réalités de l'agriculture wallonne". "Notre agriculture, avec son modèle familial et lié au sol, est nettement plus favorable que celle que l'on pratique ailleurs dans le monde", soutient la FWA.

Selon la Fédération, 85% de la main-d'œuvre agricole est prestée par les membres de la famille dans le sud du pays. Si elle a doublé en trente ans, la taille moyenne d'une exploitation wallonne était maintenue à 57 hectares en 2016. "Nous sommes très loin d'un modèle industrialisé, et des fermes-usines que Greenpeace pointe du doigt dans son rapport", estime la FWA.

L'agriculture wallonne est responsable de 13% des gaz à effet de serre de notre région, dont la moitié environ est imputable à l'élevage. C'est moins que l'élevage seul à l'échelle mondiale (14,5%), souligne l'organisation de défense des agriculteurs.

"Les antibiotiques critiques ont chuté de 84%"

Concernant l'usage d'antibiotiques dans l'élevage, il a baissé depuis 2011 de près de 26%, selon l'Amcra (Centre de connaissance concernant l'utilisation et les résistances aux antibiotiques chez les animaux). Les antibiotiques critiques ont chuté de 84%, et l'usage de compléments alimentaires contenant des antibiotiques, de plus de 66%. "Et le travail continue dans nos exploitations pour encore renforcer cette tendance", insiste la FWA.

Celle-ci s'oppose à l'idée de réduire la production de fourrages. "Aider les agriculteurs à renforcer leur production fourragère, leur permettre d'être plus autonomes, et de réduire le recours à des aliments pour le bétail importés, c'est la meilleure chose à faire pour rendre notre élevage encore plus durable."

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