Rapport climatique 2020 de l'IRM : phénomènes extrêmes, températures très élevées et encore jamais mesurées en Belgique

C'est ce jeudi que l'Institut Royal Météorologique de Belgique (IRM) présente son nouveau rapport climatique. Un rapport qui rassemble les résultats les plus récents de leurs observations climatologiques mais aussi, et surtout, de leurs recherches climatiques. Un rapport qui fait le point sur l'état actuel du climat de notre pays et qui aborde le futur de celui-ci pour les années à venir.   

Mise à jour du rapport de 2015 "Vigilance climatique", le document apporte des réponses à des questions telles que : “Comment pouvons-nous observer le changement climatique en Belgique ? Quelles tendances avons-nous pu dégager pour Uccle et la Belgique ? En quoi les gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère forment-ils la cause du changement climatique ? Comment les modèles climatiques peuvent-ils nous aider à prévoir les futurs changements climatiques ? Vers quoi le climat belge va-t-il évoluer ? En quoi l’expertise scientifique de l’IRM forme-t-elle la base de services climatiques fiables et de qualité envers le public et les autorités ?”.

L'IRM, plus que la météo, le climat

Car en plus des prévisions et de la recherche météorologiques, l'IRM, en tant qu'Etablissement Scientifique Fédéral, joue un rôle prépondérant sur le plan de la recherche climatique, des observations climatologiques et de la modélisation climatique régionale.
"Le grand public connaît l'IRM principalement par la météo. Mais notre recherche scientifique, basée sur la continuité et l'innovation, se concentre également sur le climat. Nos scientifiques travaillent chaque jour pour une meilleure compréhension des mécanismes du changement climatique, l'analyse et l'interprétation de nos données climatiques et l'amélioration de notre modèle climatique", explique Daniel Gellens, directeur général ad interim de l'IRM.

Réchauffement climatique et météo extrême

L'analyse des observations climatologiques est cruciale pour comprendre le changement climatique à l'échelle mondiale, régionale ou locale. Les observations de la température mondiale pour 2019 montrent par exemple une augmentation moyenne d'environ 1,1 °C (par rapport à la période préindustrielle 1850-1900). De plus, juillet 2019 a été le mois le plus chaud dans le monde depuis le début des observations il y a environ 140 ans.
Le réchauffement est également clairement visible dans les observations de l'IRM à Uccle et pour l'ensemble de la Belgique depuis le milieu du 20e siècle.
"À Uccle, les six années les plus chaudes ont été observées après 2005, et l'augmentation moyenne des températures pour 2019 est supérieure à 2,5 °C par rapport à la période 1850-1900", explique Rozemien De Troch, coordinatrice du Rapport climatique de l'IRM.

Le réchauffement climatique accentue le risque d'occurrence de phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur. Lors de la dernière semaine de juillet 2019, par exemple, l'Europe de l'ouest a connu une vague de chaleur avec des températures record de plus de 40 °C ; des températures extrêmement élevées et encore jamais mesurées en Belgique, entre autres.

Appel à un soutien structurel

Des conditions météorologiques extrêmes qui génèrent des conséquences sociales directement liées au changement climatique,  raison pour laquelle la problématique du climat occupe une place de plus en plus prioritaire dans les préoccupations internationales et nationales.

Pour les chercheurs de l'IRM, cette situation génère une forte demande de la part des chercheurs mais aussi du grand public et des décideurs. D'où l'importance de disposer, et donc de proposer d'informations fiables et cohérentes, de services climatiques détaillés, en particulier en ce qui concerne le changement climatique attendu et ses conséquences.
Raison pour laquelle l'IRM prône "le financement d'un cadre structurel pour la recherche et les services climatiques au niveau belge qui établit des partenariats avec les différentes régions et communautés, tant au niveau politique que de la recherche", comme le souligne Daniel Gellens.

Jusqu'à 5 degrés en plus d'ici 2100

La température moyenne en Belgique pourrait augmenter de 5 degrés à l'horizon 2100, selon le scénario le plus pessimiste envisagé dans le rapport climatique 2020 de l'Institut royal météorologique (IRM) publié jeudi.

Par rapport à la précédente version du rapport qui datait de 2015, toutes les tendances sont à la hausse, alerte l'IRM. L'augmentation des températures se poursuit, les phénomènes extrêmes comme les vagues de chaleur sont plus fréquents et plus intenses, et les sécheresses de plus en plus longues et précoces, constate l'Institut.

Sans changement de comportement, notamment au niveau des gaz à effet de serre qui constituent le principal problème, la situation va gravement empirer, s'inquiète l'IRM. En outre, en raison de la longue durée de vie de ces gaz à effets de serre, même un changement radical prendrait plusieurs décennies à produire des effets positifs visibles.

L'Institut table, à l'horizon 2100, sur une hausse de la température moyenne comprise en +0,7 et +5 degrés, après une progression de 2 degrés sur les 30 dernières années.

Ses observations dans les airs, au sol et dans l'espace ont poussé l'IRM vers le scénario le plus pessimiste. S'il se confirme, cela entraînera encore plus d'épisodes extrêmes: plus de sécheresse, plus d'orages, et une vie beaucoup plus difficile pour l'homme.

Les risques liés à l'urbanisation

En ville, où les matériaux utilisés et l'absence de végétation ne permettent pas à la température de baisser la nuit autant qu'à la campagne, la multiplication des canicules entraînera un renforcement du phénomène d'"îlot de chaleur". L'urbanisation croissante aura, d'ici 2035, des effets sur les températures comparables au réchauffement climatique, estime l'Institut. L'augmentation de l'utilisation d'asphalte et de béton aggravera également l'impact des précipitations extrêmes, alerte encore l'IRM.

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