Rapport alarmiste du GIEC: "L'avenir est encore entre nos mains", selon Jean-Pascal Van Ypersele

Il ne faut pas dépasser un réchauffement de 1,5 degré. Voici ce qui ressort du rapport publié par le GIEC ce matin. Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue et professeur à l’UCL, est revenu de Corée du Sud où il a participé à la rédaction de ce rapport. "L'avenir est encore entre nos mains", selon ce spécialiste.

Le professeur est optimiste quant à l'objectif lancé par le GIEC : "Il est encore possible de faire le nécessaire pour rester en dessous, ou en tout cas de le dépasser à peine puis d'y revenir", affirme-t-il.

Des conséquences intangibles

Même si ce nouveau seuil à ne pas dépasser est respecté, il aura néanmoins son lot de conséquences, selon Jean-Pascal Van Ypersele. Alors que la température a déjà monté d'un degré par rapport au niveau que nous connaissions à l'ère pré-industrielle, "on voit déjà les vagues de chaleurs, les inondations, le niveau des mers qui monte, observe-t-il, forcément, avec un degré et demi, ça s'aggraverait."

Mais l'optimisme du climatologue n'est pas partagé par tous ses confrères. Certains experts sont plus pessimistes et évoquent plutôt un réchauffement à deux, voire trois degrés pour la fin du siècle. "Au-delà d’un degré et demi, ce serait tout ce que l’on voit maintenant, mais multiplié", prévoit le professeur. Néanmoins, il explique que l’augmentation n’est pas proportionnelle à la température : "Si on gagne encore un demi-degré, les impacts s’aggravent davantage que lors du demi-degré précédent, et ainsi, au fur et à mesure, on a une situation qui devient de plus en plus sérieuse et une Terre qui devient de plus en plus inhabitable."

Une "révolution"

Si le rapport n’utilise pas ce mot-là, Jean-Pascal Van Ypersel est formel, "il faut une révolution". Cette dernière doit être effective sur plusieurs niveaux d'après le climatologue.

D'abord dans la manière dont l’énergie est consommée et produite dans le monde, "80% de l’énergie que l’on consomme aujourd’hui viennent des combustibles fossiles, charbon, pétrole, gaz naturel", rappelle-t-il.

Ensuite, il pointe le déboisement trop important dans nos forêts. Selon lui, cela représente 15 % des émissions mondiales. "Il faut arrêter le déboisement, il faut sortir le plus vite du charbon, il faut sortir aussi dès que possible du pétrole et du gaz et il faut passer vers des énergies plus propres, principalement les énergies renouvelables, le plus vite possible", s'insurge ce climatologue.

Pour lui, il est nécessaire d'avoir une "efficacité énergétique maximale", c'est-à-dire isoler les bâtiments, les concevoir pour qu’ils consomment le moins possible d’énergie. Il estime qu'il faut aussi revoir la manière dont on s’alimente, dont les acteurs économiques produisent ce qu’ils vendent.

La technologie au service du climat

Ce rapport se veut aussi optimiste. Il ressort que nous avons la technologie pour limiter le réchauffement climatique. Pour Jean-Pascal Van Ypersele, cela se présente au niveau de "l’efficacité énergétique", bien connue depuis de nombreuses années. "On sait (...) comment concevoir des bâtiments bien isolés, qui ne s’échauffent pas trop pendant les canicules et qui restent confortables en hiver quand il fait très froid", remarque le chercheur.

"Bien souvent, ce sont des technologies qui sont là, qui coûtent un peu plus cher que les technologies qu’on utilise d’habitude", poursuit-il. Il pointe alors, le rôle des pouvoirs publics et du secteur financier. Ils sont, selon lui, "très importants pour aider les citoyens et les acteurs économiques à faire les investissements nécessaires", ces investissements devraient rapporter en facture énergétique qui baisse, "si on s’y prend bien", conclut Van Ypersele.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK