Rapport alarmant du GIEC sur le climat: nos petits gestes indispensables (mais pas suffisants) pour sauver la planète

Comment peut-on, à titre individuel, contribuer à sauver la planète? Suffit-il de rouler à vélo, laver son linge à l'eau froide, ou acheter en vrac ? Nos actions personnelles, même répétées des milliards de fois à travers le monde, ont-elles vraiment une influence? Voici quelques éléments de réponses.


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Se limiter à un seul enfant

Selon une étude de l'université suédoise de Lund, parue en 2017, la mesure la plus radicale que nous puissions mettre en œuvre, c'est de se limiter à un seul enfant. Cela permettrait d'économiser 60 tonnes de CO2 par an. Mais ce calcul ne vaut que pour les pays riches, ayant une consommation élevée proche de celle des Etats-Unis, ainsi qu'une natalité faible.

Les chercheurs tablent sur le fait que le modèle occidental est envié et copié, et pourrait influencer d'autres parties du globe. Certains jeunes ont d'ores et déjà décidé de ne pas avoir d'enfant, tant pour sauver la planète que pour leur éviter un monde en déliquescence. 

Abandonner sa voiture 

60% des salariés belges préfèrent se détacher de leur emploi plutôt que de ne plus profiter des avantages d'un véhicule de société. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par Securex en 2019. Les difficultés liées aux déplacements seraient la cause principale. Pourtant, choisir un mode de déplacement alternatif permet d'économiser énormément de CO2.

Renoncer à la voiture essence, et même électrique individuelle, a un impact positif élevé sur l'environnement. Choisir la voiture partagée, les transports en commun ou le vélo, demande un gros changement de vie que la majorité d'entre nous n'est pas prête à adopter. On peut toujours réduire sa vitesse car moins on roule vite, moins on consomme d'énergie fossile, et donc on pollue moins. 

Renoncer à prendre l'avion

La crise du Covid ne nous a pas vraiment laisser le choix. Mais le constat est bien là : la chute radicale du trafic aérien (- 60% en 2020) a eu un impact direct sur la pollution mondiale. Les réunions par vidéo-conférence et les vacances proches de chez soi sont un moyen drastique de réduire son empreinte carbone individuelle.

Selon l'Agence Européenne de l'Environnement, un passager consomme 285 grammes de CO2 par km en avion contre 14 grammes de CO2 par km en train, soit 20 fois moins. C'est au décollage que l'avion consomme le plus. Il est évident que pour changer de continent, l'avion sera difficilement évitable. 

Devenir végétarien ou végétalien

Parmi les actions individuelles à impact significatif, le passage d’un régime carné à un régime végétarien, voire végétalien, est important. Il permet de limiter les émissions issues de l’élevage et de la déforestation, et représente à lui seul 10 % de la baisse de l’empreinte carbone.  Le Belge consomme en moyenne 110 grammes de viande par jour . Selon une étude parue dans "Climatic Change" passer d'un régime riche en viande à un régime végétarien permet de réduire son empreinte de près de 2 kilos par an et de 1,5 kilo avec le régime végétalien, dit aussi vegan. 

Habiter à plusieurs

Vivre seul dans un grand appartement ou une maison coûte plus cher. Il est évident que le coût de l'électricité et du chauffage sont les mêmes que l'on soit 1, 2, 3 personnes, voire d'avantage. "Les foyers d'une seule personne font exploser le niveau des émissions de CO2", révèle en 2010 une étude de l'institut d'études français Ipsos. 

Une personne seule génère un bilan carbone de près de 11 kilos de CO2 par an, contre 5,5 kilos par individu pour un foyer de trois personnes. Le type d'habitat est lui aussi déterminant : les ménages qui habitent une maison individuelle consomment 2,2 fois plus d'énergie que ceux habitant en immeuble, qui lui bénéficie de la chaleur des voisins

Accepter un changement de vie

On en émet des tonnes de CO2 par personne chaque année ! En Belgique, en 2017,  on émettait 114 millions de tonnes de CO2, soit, avec 11,4 millions d’habitants, une moyenne de 10 tonnes de CO2 par personne et par an. Dans l'ordre décroissant, il s'agit des émissions de l’industrie, des transports, du chauffage des logements, de l'agriculture, de la gestion des déchets. La Belgique est classée 9ième des pays européens, c'est 10 fois moins que l'Allemagne, 5 fois moins que la France. 


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Toutes les mesures individuelles impliquent un changement de vie, parfois radical. C'est le prix à payer pour essayer de sauver notre terre, la mère nourricière de tous les êtres vivants, humains, faune et flore. Mais c'est loin d'être suffisant. L'effort doit être collectif puisque les 3/4 de la pollution mondiale sont imputables aux industries et aux transports. La part individuelle compte pour un quart. Un quart nécessaire mais inutile si les autres ne s'y mettent pas. Et là, il s'agit de décisions politiques, urgentes. 

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