Qui sont les livreurs à vélo de Deliveroo?

500 bikers sillonnent les routes bruxelloises. Parmi eux, beaucoup d'hommes et surtout des étudiants.
500 bikers sillonnent les routes bruxelloises. Parmi eux, beaucoup d'hommes et surtout des étudiants. - © ERIC FEFERBERG - AFP

Vous avez peut-être déjà croisé ces cyclistes avec un curieux cube noir et bleu sur leur dos : ce sont les "bikers" de Deliveroo, une start-up britannique implantée en Belgique depuis moins d'un an qui propose à ses utilisateurs de se faire livrer des plats à domicile pour 2,50 euros en plus de votre commande.

Derrière les 800 bikers qui sillonnent les routes belges se cachent des hommes et des femmes - surtout des hommes - dont les conditions de travail ne sont pas toujours simples.

En retard, en retard, j'ai rendez-vous quelque part

L'une des promesses de la société de livraison est bien sûr de vous apporter votre plat en temps et en heure, le site internet affiche un temps de livraison moyen de 32 minutes, préparation du plat comprise. À travers l'application utilisée par tous les livreurs, chaque étape de la livraison est enregistrée afin d'en calculer le total mais également les statistiques de chaque livreur.

Les bikers reçoivent tous les mois un détail de leurs performances : temps, vitesse moyenne, nombre de courses, etc. Ces indices sont accompagnés des maillots jaunes et à pois qui récompensent les livreurs les plus performants. "Cela crée une sorte de compétition", explique David, biker chez Deliveroo, "ça nous pousse à toujours améliorer nos performances".

Une occupation secondaire

La société compte parmi ses travailleurs une grande majorité d'étudiants. Pour ceux-ci, la grande flexibilité qu'offre le travail est un réel avantage : les livreurs s'inscrivent pour des shifts - une session de livraisons - de trois à quatre heures sur une plate-forme en ligne, ce qui leur permet de modeler leur horaire selon leurs disponibilités.

Travailleurs et étudiants ne sont pas employés directement par la société : c'est l'agence Smart qui gère leur temps de travail. Dans le cas des travailleurs, ils disposent du statut d'indépendants. "Nous comptons surtout des indépendants complémentaires, dont ce n'est pas l'occupation principale", explique le marketing manager Charles Van den Bogaert.

Protéger la personne, pas le vélo

Les livreurs sont assurés via Smart sur toute la durée des shifts qu'ils ont sélectionnés auparavant. Cependant, cette assurance ne couvre pas tout : seule la personne est protégée par l'assurance, les éventuels frais liés au vélo sont à la charge du livreur.

"En cas d'incident, nous intervenons sur la main-d'oeuvre ou les pièces de rechanges", précise Charles Van den Bogaert. En cas de vol ou d'accident, c'est tout de même le livreur qui en assumera les frais, même s'il s'agit de son outil de travail.

Vers un salaire fixe

Depuis le mois de juin, la rémunération des livreurs se précise : auparavant payés en fonction du nombre de livraisons avec un salaire horaire minimum, ils reçoivent désormais un peu plus de 9 euros de l'heure ainsi qu'un bonus de 1,50 euro à partir de trois livraisons sur l'heure, des petites compensations existent également pour les frais téléphoniques.

Julien décrie ce nouveau système qui, selon lui, "ne récompense pas équitablement ceux qui se bougent plus". Il se satisfaisait de pouvoir toucher parfois quinze ou seize euros par heure de travail. Celles-ci étaient plus intenses parce que les livraisons étaient plus nombreuses mais elles le poussaient également à réaliser de meilleures performances.

Petite start-up devenue grande

Le réseau de Deliveroo est en pleine expansion, la société travaille actuellement à Anvers, Gand, Bruxelles et plus récemment à Knokke mais elle souhaite étendre son réseau à l'avenir. Toutefois, n'espérez pas la voir à tous les coins de rues : Charles Van den Bogaert explique que la société cherche des zones à population dense et riches en restaurants.

Deliveroo va pouvoir profiter de la fin de son principal concurrent, la start-up belge Take Eat Easy, afin d'étendre son réseau. "Nous sélectionnons nos restaurants selon un algorithme qui tient compte de la réputation, des notes et d'une appréciation personnelle", précise toutefois Charles Van den Bogaert, raison pour laquelle l'entreprise ne travaille qu'avec 400 restaurants en Belgique.

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