Qui sont les 6 enfants belges qui reviennent de Syrie?

Six enfants belges vont donc bientôt revenir en Belgique. Ils sont sur le point d'arriver de Syrie. Ils sont soit orphelins parce que leurs parents sont morts au sein de l’État islamique, soit les circonstances les ont éloignés de leurs parents.

Il y a tout d'abord 3 garçons, 3 frères de 6,8 et 14 ans. Tous de la même mère mais de deux pères différents. Le père des plus jeunes est mort "dans le califat", on n'a pas de certitude sur ce qu'est devenu le père du plus âgé. La mère a emmené les enfants en Syrie dès 2014. Un quatrième enfant, l'aîné de la fratrie est mort au sein de l'organisation de l’Etat islamique.

Parmi le groupe qui va bientôt revenir en Belgique, il y aussi un garçon de 14 ans et sa sœur de 10 ans . Leurs parents les ont aussi emmené en Syrie en 2014. Ils avaient 9 et 6 ans à l'époque. Le père, combattant de l’EI est mort en 2015, la mère, en 2017. Les grands-parents de ces enfants espèrent qu'ils pourront les accueillir aussi vite que possible. C'est un juge qui devra décider ou placer ces enfants selon ce qui sera le plus profitable vu leur situation à chacun.

La dernière, une liégeoise, qui a eu 18 ans en début d’année avait été emmenée par son père pour vivre quelques années en Egypte. Mais un jour, on ne sait pas exactement quand, il l'a enlevée pour la marier de force à un combattant de l’EI. L’Etat belge a été condamné il y a deux jours à lui fournir les papiers nécessaires pour sa sortie de Syrie, ce qui lui avait été refusé jusqu’à présent. Son cas risque d'être plus compliqué que celui des autres, puisqu'elle est désormais majeure mais qu'elle déclare s'être retrouvée en Syrie contre son gré. Elle est d'ailleurs gravement traumatisée et aurait besoin de soins psychologiques urgents selon les psychologues qui ont pu la rencontrer.

4 images
Qui sont les 6 enfants belges qui reviennent de Syrie? © Tous droits réservés

Entourés par plusieurs équipes

Des diplomates ont été envoyés dans le nord de la Syrie pour assurer l'encadrement et les meilleures conditions possibles pour le rapatriement des enfants. Une équipe d’aide composée de médecins et psychologues belges  de la VUB est aussi sur place ainsi que des membres de Child Focus et Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant.

"Le fait que notre mission coïncide avec l'accord du gouvernement pour ramener les orphelins est une très bonne nouvelle pour nous évidemment. L'équipe médicale a pu faire les diagnostics en matière de santé et de santé mentale" nous explique-t-il.

Un grand nombre d’enfants dans le camp ont besoin d’aide. Certains sont grièvement blessés, notamment pendant les combats qui ont fait rage dans la ville de Baghouz, le dernier bastion de Daesh en Syrie, qui a fini par tomber fin mars après des combats acharnés.

4 images
Des psychologues tentent de déterminer dans quel état psychologique sont les enfants © VRT

Les blessures physiques et psychologiques

Un des garçons rencontre d'abord un médecin belge qui lui pose plusieurs questions pour tenter de se faire une idée de son état de santé. Les conditions dans lesquelles ces enfants ont vécu son extrêmement difficile. Il passe ensuite chez une psychologue, Hanna Jamai qui tente de lui faire raconter ce qu'il a vécu. " Il y a juste eu une balle mais elle ne m’a pas touché, elle m’a juste frôlé le dos". La psychologue raconte à la'équipe de la VRT présente sur place que " cet enfant a vu beaucoup de choses. Il est arrivé et a vu sa mère qui gisait sur le sol avec une balle dans la tête". La psychologue se concentre sur l'état du garçon, c'est le but de cette mission, le reste ne semble pas être primordial. "Par qui cette balle a-t-elle été tirée? Ca on ne sait pas. Cette mère a été emmenée en bas avec d’autres femmes et lui aussi était là, …" précise-t-elle. elle reste sans réponse quand le journaliste lui demande si en dehors d'avoir vu ou entendu des choses aurait aussi pu faire quelque chose.

4 images
Certaines personnes surnomment le camp "le mini califat" © VRT

Le mini califat

Un des médecins soigne le moignon du bras d’une petite fille. Cela lui fait mal. Elle ne fera pas partie du groupe qui revient en Belgique parce que sa mère est avec elle. Bart Conix, un des médecins de la mission précise "Pour elle je pense que ça va aller si on parvient à la traiter rapidement. Mais ce n’est certainement pas dans ce camp que cela pourra se passer. Il faut un suivi journalier. Un technicien spécialiste pour pouvoir lui faire une prothèse convenable. C'est impossible ici." 

Que va devenir cette petite fille mais aussi les 60 autres enfants belges dont on sait où ils sont en Syrie? Sans parler des 120 autres environ dont on n'a aucune nouvelle, on ne sait ni où ils sont ni comment ils vont.

Dans un petit coin, une toute jeune fille se cache à moitié. Elle est totalement voilée de noir de la tête au pied. Comment savoir quel est l'état d'esprit des enfants et de leurs mères? "Effectivement il faut en tenir compte dit Gerrit Loots, professeur à la VUB et responsable de la mission humanitaire. Mais d'un autre coté, on a entendu aujourd'hui que la radicalisation dans ce camp augmente considérablement. Cela devient un mini califat. Quelqu'un nous a dit j'ai réussi à sortir du califat qui n'était que terreur. Et puis ces gens arrivent ici et c'est exactement la même chose", ajoute-t-il.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK