Qui sont ces coachs qui vous promettent bonheur et santé?

Qui sont ces coachs qui vous promettent bonheur et santé?
Qui sont ces coachs qui vous promettent bonheur et santé? - © pixabay.com - jill111 - CC0 Creative Commons

En cette période qui met nos nerfs à rude épreuve, nous sommes sujets au blues de début janvier. À côté d'initiatives comme les "30 jours sans râler", certains sont tentés de rendre visite à un coach. Dans notre pays, ces guides vers le bien-être se répandent comme une traînée de poudre.

Coach de vie, de carrière, en bien-être ou en pensée positive, la liste des intitulés qu'arborent ces praticiens est longue. Ce terme provient de l'anglais et signifie conseiller ou entraîneur: ils prodigueraient des conseils pour rendre sa vie plus belle. Qui sont ces personnes qui vous promettent de trouver la route vers le bonheur ?

Pas forcément besoin de psy pour trouver sa solution

Prendre rendez-vous avec un psychologue ou un coach ? Pas facile de choisir, d'autant que la différence n'est pas claire. Leur objectif commun: votre bien être, forcément. "Le coach est orienté vers les solutions", explique Frédéric Lilienfeld, coach en développement personnel et en pensée positive.

"Contrairement au psychologue qui cherche la cause profonde du problème dans le passé de son patient", ce spécialiste qui est coach depuis 20 ans offre des techniques concrètes à appliquer au quotidien pour augmenter son capital bien être.

Certains psychologues se tournent vers le coaching. C'est le cas de Marie Sepul, titulaire d'un diplôme en psychologie du travail : "Aujourd'hui, psychologue est un terme qui fait peur. Quand on dit qu'on va chez le psy, on a peur d'être jugé ou considéré comme malade". C'est pourquoi elle est coach en bien être depuis deux ans : "Ça a cartonné tout de suite", s'exclame-t-elle. Depuis, le succès est toujours au rendez-vous comme l'atteste son agenda de février, déjà complet.

La profession n'est pas réservée exclusivement aux psys : des formations proposent d'initier les intéressés à la pratique. C'est la voie qu'a choisi Valérie van Rechem qui a suivi à Paris une formation certifiante en éducation thérapeutique du patient avant d'ouvrir son cabinet à Bruxelles. C'est aussi dans la capitale qu'exerce M. Lilienfeld qui s'est quant à lui, formé à l'Académie Belge de Coaching.

Une pratique peu encadrée

"Il faut être vigilant, des coachs se lancent sans formation", prévient Marie Sepul. Un coach qui donne des injonctions n'est pas un bon coach, selon elle, "un vrai coach stimule son patient pour qu'il trouve ses solutions lui-même". Dans son cabinet namurois, elle reçoit des dizaines de personnes pour des burnout. Grâce à cette méthode elle débouche sur autant de solutions que de patients.

"Le mot 'coaching' est beaucoup utilisé mais n'a pas forcément de lien avec la santé. Quand on parle de bien être, c'est beaucoup plus large mais soigner une dépression avec un coach peut être dangereux", pointe Koen Lowet, porte parole de la Fédération Belge des Psychologues (FBP).

La pratique se démocratise aussi vite que notre moral baisse avec le mauvais temps mais aucune législation ne fait barrage à quelqu'un qui veut se lancer. "Les coachs ne bénéficient d'aucune protection donc les patients non plus", estime-t-on à la FBP. Le métier n'est en effet pas encadré par l'Etat même s'il existe une fédération regroupant 30 000 membres dans 132 pays, dont la Belgique.

Un succès qui rend le marché juteux

Les tarifs peuvent être prohibitifs, comme aucune législation n'encadre la profession, chaque coach fixe ses prix. Un coaching individuel avec Frédéric Lilienfeld est facturé entre 75 et 100 euros pour une heure. 

Valérie van Rechem, demande 60 euros l'heure de coaching, tout comme Marie Sepul pour ses séances d'une heure et demi. "Je sais que je pourrais demander plus", témoigne la Namuroise. Dans son entourage, certains coachs en entreprise appliquent des tarifs bien plus élevés. "Cela devient un vrai business mais je ne veux pas tomber là-dedans", ajoute-t-elle.

Le temps est le premier remède pour résoudre ses problèmes et atteindre ses objectifs. Tous s'accordent sur un minimum de cinq à dix séances minimum. Il faut donc débourser entre 300 et 1000 euros pour obtenir les solutions adéquates à une vie plus sereine.

Le bien-être et la pensée positive attirent aussi les entreprises. Face à la demande, M. Lilienfeld a élargit son offre. Pour 1200 euros, il encadre des journées de coaching dans les sociétés. "C'est efficace car les gens se comprennent et s'analysent mutuellement, car elles vivent les mêmes problématiques", observe Valérie van Rechem qui de son côté, encadre des week-end groupés. Pour deux jours, comptez entre 180 et 190 euros par personne.

Guides vers l'autonomie

Guides dans la quête du bonheur ou pompes à fric, le débat autour des coachs reste ouvert. Mais c'est surtout vers une façon de penser positive que veulent guider ces spécialistes du bien être. "Le but est d'amener la personne à être autonome et ne plus avoir besoin du coach", conclut Marie Sepul.

S'ils jugent leurs méthodes "efficaces", les cabinets de ces praticiens ne désemplissent pas. Les demandes que reçoit Frédéric Lilienfeld ont même doublé ces dernières années, preuve que la perpétuelle quête du bonheur est bien ancrée dans notre temps.

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