Qui sont ces Belges qui choisissent l'école privée ?

L’enseignement public belge est régulièrement taxé de lacunaire, laxiste et autres maux. Absentéisme des profs, nivellement par le bas et autres polémiques autour d’un tronc commun font grincer beaucoup de dents. Bref, on y perdrait presque son latin. Face à ce grand désordre, certains sont prêts à mettre la main au portefeuille pour assurer une éducation qu’ils jugent meilleure pour leurs enfants. Nous avons rencontré 3 parents qui payent entre 6000 et 20.000 euros pour une année scolaire. Ils nous ont expliqué pourquoi leur choix s’est tourné vers le privé.

Une ouverture vers l’international

Alexandre est papa de deux enfants de 3 et 6 ans. Pour leur enseignement, il s’est orienté vers le Lycée Français Jean Monnet. L’école prend en charge près de 3000 enfants de la maternelle à la terminale selon le système français, un cursus qui aboutit à l’obtention d’un Baccalauréat. Le minerval pour un an de cours : de 6175€ à 8315€ en fonction de l’année scolaire.

"On a fait ce choix pour le côté international de l’enseignement, pour la parité linguistique dès la maternelle", nous explique Alexandre. Parce qu’au Lycée Français, les jours sont dispensés en anglais un jour sur deux dès la maternelle. Une façon d’enseigner qu’Alexandre n’a pas pu retrouver dans les écoles publiques belges. Mais ce qui l’intéressait aussi, c’était la diversité du public de l’école, "le fait d’avoir les enfants qui sont baignés dans un monde qui nous ressemble aujourd’hui, donc très international". Des enfants de 56 nationalités différentes se côtoient tous les jours au Lycée Français. Quant au prix, cela n’a pas été un frein pour Alexandre : "En tant que parents, on veut offrir le meilleur à nos enfants."

Diana elle aussi a inscrit ses enfants au Lycée Français depuis la maternelle. C’est sûr qu’il s’agit d’un gros investissement : "Nous devons faire un effort pour payer le minerval pour nos deux enfants", nous confie-t-elle. Mais pour elle aussi, l’ouverture sur l’international a aussi fait pencher la balance en faveur du privé. "Nos enfants ont tous les deux entre 10 et 15 nationalités différentes dans leur classe. Ce qui fait qu’ils ont depuis toujours une ouverture d’esprit qui nous intéressait au premier plan."

Un cursus bien encadré

Laurent a choisi l’École Internationale Montgomery (EIM) pour sa petite dernière, Louise. L’EIM accueille 125 élèves de différentes nationalités en primaire et en secondaire, un cursus qui aboutit à l’obtention d’un Baccalauréat international. Minerval annuel : de 17.000€ à 22.000€ en fonction de l’année scolaire.

"Ce qui nous a séduits dans le choix de cette école, c’est l’aspect d’une petite école où il y a une centaine d’élèves, des classes de dix personnes", nous explique Laurent. "Il y a énormément d’interactivité et de communication aussi bien professeurs-élèves qu’élèves-professeurs." Il nous précise que sa fille, qui était une enfant HP (à haut potentiel), s’ennuyait en primaire et s’épanouit beaucoup plus dans le privé où elle est plus encadrée et stimulée. Concernant le prix, il reconnaît qu’il s’agit d’un "sacrifice" et qu’il n’aurait pas eu les moyens d’inscrire ses 4 enfants en même temps dans cette école.

Un milieu élitiste ?

Les parents que nous avons rencontrés sont unanimes sur le fait que ces écoles ne transmettent pas à leurs enfants une vision élitiste du monde. "Pour moi, le risque d’éloigner les enfants de la réalité de la vie quotidienne n’existe pas au Lycée Français", se défend Alexandre. "Il y a beaucoup de Français en Belgique qui souvent sont là pour des raisons professionnelles et dont le minerval de leurs enfants est pris en charge par leur entreprise". Il y a donc, selon lui, des enfants de différents milieux sociaux qui s'y côtoient.

Diana de son côté reconnaît que c’est un milieu "relativement plus favorisé". Mais elle fait confiance à ses enfants qui sont ouverts vers les autres. "On les inscrit dans des stages divers ici à Bruxelles, donc ils ont l’occasion de rencontrer des enfants d’autres écoles."

La directrice de la section secondaire de l’École Internationale Montgomery, Danielle Franzén Daoudy, explique "qu’il y a parfois une perception de l’extérieur que les écoles privées et les écoles internationales sont des écoles élitistes avec des personnes d’un certain milieu peut-être fermées d’esprit". Mais elle estime que cette perception est erronée. "Les familles locales ou les particuliers qui choisissent de venir chez nous, ce sont souvent des parents indépendants ou de professions libérales, mais parfois, aussi des familles moins aisées qui, avec l’aide de leurs proches choisissent d’investir dans l’éducation de leurs enfants".

 

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