Qui se cache derrière Montasser Alde'Emeh, expert en déradicalisation ?

Qui est vraiment Montasser Alde'Emeh, prétendu expert en déradicalisation ?
Qui est vraiment Montasser Alde'Emeh, prétendu expert en déradicalisation ? - © JOHN THYS - AFP

Inculpé dans le cadre d'une affaire de faux en écriture, le chercheur autoproclamé (et autofinancé) belgo-palestinien Montasser Alde'Emeh est actuellement sur la sellette.   

Pourtant, l'homme, islamologue et plutôt médiatisé, notamment dans le cadre des affaires de djihadisme belge, est très prisé par les médias flamands. 

D'après la justice, il aurait fourni une fausse attestation pour faire libérer un présumé djihadiste. Un document qui prétendrait de manière mensongère que le détenu aurait fréquenté, à Molenbeek, un centre de déradicalisation où œuvrait le chercheur.

Clair obscur

Côté pile, Montasser Alde'Emeh est molenbeekois, néérlandophone et fils de réfugiés palestiniens.

Détenteur d'un master à la KUL, il prépare actuellement une thèse de doctorat sans financement, dans une université hollandaise. La presse internationale prestigieuse l'interviewe également régulièrement.

Il faut dire que sa connaissance du terrain est inégalée dans les milieux académiques. Il a passé plusieurs semaines en Syrie, en 2014, au côté des combattants de l’État Islamique. Il est aujourd'hui encore en contact avec des jeunes tentés ou convaincus par le djihadisme.

Aujourd'hui, il est devenu "la personne" ressource des parents désemparés par le départ d'un enfant en Syrie. Il sert de lien, donne des nouvelles des fils partis. Incontestablement, il comble le vide laissé par les autorités.

Solitaire et autonome

Mais côté face, Montasser Alde'Emeh c'est aussi un personnage qui suscite méfiance et questionnements. Un beau parleur qui aime le feu des projecteurs. D’abord parce que le centre "De weg naar" n'existe pas encore officiellement. Il n'a en tout cas pas ou pas encore de structure juridique. Même sa localisation précise n'est à ce jour pas connue des autorités locales.

Ensuite parce qu’à la presse et à son entourage, il dit œuvrer à la déradicalisation. Mais son projet n'est pas défini clairement, il ne cherche ni le contact avec les autorités, ni le soutien financier.

En fait, Montasser Alde'Emeh travaille seul, ou avec des bénévoles. Mais sans éducateur, sans psychologue, sans assistants sociaux. Néerlandophone, il parle peu le français, mais prétend ne pas être freiné dans ses contacts avec les jeunes Belges d'origine marocaine. Il peut, dit-il, se débrouiller avec l'arabe, et les dialectes.

Un manque de transparence qui effraie. Et ses contradictions à répétition, en refroidissent plus d'un.

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