Qui est Sofien Ayari, l'autre inculpé dans le dossier de la rue du Dries?

Qui est Sofien Ayari ?
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Dans le procès de la fusillade de la rue du Dries, il y a évidemment Salah Abdeslam. À ses côtés, sur le banc des accusés, il y a aussi Sofien Ayari. Il est également poursuivi pour tentative d'assassinat sur policiers dans un contexte terroriste.

L'homme a étudié pendant un an le génie électrique en Tunisie. Il faisait en même temps des petits boulots puis il a arrêté ses études pour des raisons personnelles.

C'est fin 2014 que Sofien Ayari se rend en Syrie. Installé à Raqqa, la capitale autoproclamée de l’État Islamique. Il y reste une année et ment à sa famille en disant qu’il se trouve en Turquie. Sur son profil Facebook, il publie des photos où il pose avec une arme de guerre et portant un qamis, un vêtement traditionnel. 

Retour en Europe 

Le 20 septembre 2015, il rentre en Europe. Il fait le voyage en se glissant parmi le flot de migrants. Il passe par l’île grecque de Leros où il retrouve Osama Krayem, un des principaux suspects des attentats de Bruxelles. Les deux hommes poursuivent ensuite leur chemin pour arriver en Allemagne. Selon Ayari, ce voyage n'est pas organisé, il se fait par le biais des hasards. En Allemagne, Ayari, Krayem et un troisième homme réservent une chambre d'hôtel. Ce troisième homme, c'est Ahmad Alkad, l'artificier en chef des attentats de Paris et Bruxelles.

Le 3 octobre 2015, Salah Abdeslam vient récupérer les trois hommes à Ulm, en Allemagne. Une fois arrivé en Belgique, Sofien Ayari fait le tour des planques des auteurs des attentats terroristes de Paris et de Bruxelles. Des traces ADN sont retrouvés à Auvelais sur des objets du quotidien, à Charleroi, mais aussi à la rue Henri Berger à Schaerbeek où les explosifs de Paris ont été confectionnés.

Dans la rue du Dries, son ADN est retrouvé sur plusieurs objets dont notamment sur une brosse à dents, une casquette, un pull, une bouteille et une paire de lunettes.

Lors de ces déménagements successifs, Sofien Ayari rencontre plusieurs acteurs des attentats de Bruxelles et de Paris. Cependant il maintient qu'il était là uniquement parce que ces personnes devaient l'aider à retourner en Syrie.

Un aller-retour à l'aéroport de Schiphol

Le 13 novembre 2015, le jour des attentats de Paris, Sofien Ayari fait un aller-retour jusqu’à l’aéroport international de Schiphol aux Pays-Bas. Il fera ce voyage avec la compagnie de bus Eurolines et en compagnie d’Osama Krayem. Le but du voyage n’est pas clair. El Bakraoui aurait demandé à Krayem de se renseigner sur la taille des consignes. Osama Krayem ne voulait pas y aller seul et aurait emmené avec lui Ayari. Les deux hommes n'avaient acheté qu'un aller simple.

Auditions

Lors de son audition lundi matin, Sofien Ayari a expliqué avoir grandi dans une famille religieuse mais non stricte, il déclare également qu’il ne se considère pas comme un radical.

Ceci étant dit, dans son audition, il refuse de condamner les attentats commis au nom de l’État Islamique. Il explique également qu’il adhère à certaines idées de l’EI comme lorsqu’il y a des actions menées en Syrie pour combattre le régime de Bachar El Assad.

Au cours de son audition, Sofien Ayari répond parfois en français, parfois en arabe. Il semble avoir la mémoire sélective. Il refuse de répondre à certaines questions et rejette fréquemment les responsabilités sur Mohamed Belkaïd, décédé lors de la perquisition du 15 mars à la rue du Dries. Plus encore, dès qu’il s’agit de faits reprochés à Salah Abdeslam, il botte en touche. Quitte à se contredire avec des propos tenus lors d’auditions antérieures.

Autres attentats

D’après des articles de presse parus en Tunisie, Sofien Ayari est l’un des terroristes les plus dangereux impliqués dans plusieurs attaques terroristes. Il serait en contact avec Walid Youfsi, l’une des têtes pensantes de l’attaque terroriste contre un bus de la garde présidentielle, perpétrée le 24 novembre 2015, à Tunis.

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