Qualité, utilité... payez-vous vos lunettes trop cher ?

Questions à la Une: "Lunettes, payez-vous trop cher?"
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Questions à la Une: "Lunettes, payez-vous trop cher?" - © Tous droits réservés

Vous portez des lunettes ? Alors, vous connaissez leur prix. Vous n’en portez pas encore ? Ce n’est qu’une question de temps… L’âge aidant, il sera difficile d’échapper à cette réalité. En attendant, vous avez déjà été confronté au monde de l’optique. Un choix de lunettes solaires pour vos vacances d’été ou, peut-être, des verres anti lumière bleue si vous êtes en contact régulier avec des écrans. Un jour ou l’autre donc, vous porterez des lunettes pour corriger votre vue. Après un passage chez l’ophtalmologue, vous choisirez des montures, des verres, puis vous passerez à la caisse.

Face à votre facture, vous vous êtes sûrement déjà posé cette question. Le prix est-il justifié ? La fourchette peut être large : de 200 à 1200 euros. Pourtant, vous venez d’insérer votre carte de banque et d’encoder le code pin. La transaction est acceptée. Avez-vous bien fait ?

Avant de réaliser votre achat, ou juste après celui-ci, vous tentez de comprendre ce prix. Parfois, vous essayez juste de le digérer. Si on vous pose la question : "Pourquoi as-tu payé ce prix-là ?", le consommateur a généralement plusieurs réponses. Il s’agit de constats ou d’idées reçues parfois renforcées par des vendeurs.

  • La santé : "Les yeux, c’est la santé. Pas question de faire des économies pour sa santé." entend-on ou encore "Je ne veux pas m’abîmer les yeux avec des lunettes bon marché."
  • La qualité : "Les produits européens sont sûrement de meilleure qualité que les productions asiatiques" ou "Les lunettes, c’est un outil de la vie de tous les jours, je veux une vision parfaite."
  • L’éthique : "Je préfère acheter des marques de lunettes italiennes ou françaises que des lunettes produites à l’autre bout du monde dans de mauvaises conditions."

Sachez d’abord qu’une paire de lunettes ne vous dégradera pas la vue. Elle peut, par contre, provoquer un inconfort, des vertiges ou des maux de tête si elles sont mal adaptées. Quoi qu’il en soit, vous vous en rendrez compte. Tous les opticiens accepteront de rectifier l’erreur si elle leur est due.

Ensuite, selon des opticiens ou ophtalmologues, 85% des porteurs de lunettes pourraient se contenter de verres standards. Inutile donc d’acheter des verres définis "HD" ou encore "Vision 360°" d’entrée de jeu. Ces verres haut de gamme ont des champs de vision très larges mais ne sont réellement utiles que dans usages plus limités.

Question qualité, on trouve de tout. Un point commun est à noter : la plupart des verres ont une origine asiatique. C’est là qu’ils sont moulés et souvent traités. C’est essentiellement le cas pour les verres unifocaux, autrement dit, des verres simples. Les verres progressifs, qui combinent vue de près et vue de loin, sont pour leur grande majorité moulés en Asie puis taillés en Europe.

Enfin, il faut savoir que la production des montures est majoritairement asiatique. Toutes les qualités sont produites. Du plastique injecté, plus cassant, à l'acétate, un plastique résistant. Autre matériau très utilisé: le titane. C'est un métal léger, hypoallergénique mais un peu plus coûteux. À produire, on ne parle que de quelques euros voire dizaines d’euros. Bien sûr, il faudra ensuite les conditionner, les transporter, les adapter au client.

Pour en connaître plus sur les montures, embarquez avec nous dans le reportage ci-dessous au cœur des unités de production.

Des modèles économiques et des prix différents

Les opticiens indépendants expliquent que la marge est généralement X3 par rapport aux prix d'achat des verres et des montures aux grossistes. Ces marges permettent de payer les salaires, les loyers, le matériel. En France, une étude a conclu au fait qu'un opticien doit vendre 2,7 paires de lunettes par jour pour être rentable. "Les opticiens qui vendent trois paires de lunettes par jour ne sont pas riches. Ceux qui en vendent trente le sont." estime Paul Morlet, fondateur de Lunettes pour tous.

Les chaines d'optique fonctionnent différemment. Elles disposent d'une force de frappe avec leurs dizaines voire centaines de magasins. Ces chaînes commandent d'énormes quantités aux fournisseurs de verres ou de montures. Les ristournes sur les verres atteindraient les 50% à l'achat. Elles sont répercutées ou non sur la facture du consommateur.

Un autre aspect dénoncé par des opticiens, eux-mêmes, c'est que les chaînes poussent les produits hautement technologiques, dont le client n'a pas forcément besoin. Certains vendeurs sont payés à la commission ce qui pourrait tronquer le conseil recherché par un client.

Enfin, les acteurs low-cost. Ces acteurs ont décidé de réduire les intermédiaires en devenant eux-mêmes founisseurs des matières premières. Pour réduire les frais, le nombre de magasins physiques est limité au maximum. L'ensemble des démarches peuvent être effectuées en ligne. Ces acteurs disent n'avoir rien à cacher sur leur production: elle est asiatique.

Comment évoluera le marché avec l'arrivée des acteurs low-cost? Là est la question.

26% des Belges disent avoir des difficultés ou être dans l'impossibilité d'acheter des lunettes. Cela pose question.

Les prix seront-ils un jour plafonnés comme en France? La TVA, actuellement de 21% sur les verres, sera-t-elle abaissée. Il s'agit d'un bien de première nécessité. Histoire à suivre.

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