Quelles recommandations pour éviter le décès de pompiers comme à Beringen?

La Commission d’évaluation technique tire ses conclusions quant à l’incendie qui s’est produit le 11 août dernier dans un grand bâtiment de la Koolmijnlaan à Beringen, en province du Limbourg. Deux jeunes pompiers de la zone de secours Zuid-West Limburg, Chris Medo, âgé de 42 ans et Benni Smulders, âgé de 36 ans, sont décédés sur place.

Ce n’était pas la première fois qu’un incendie se déclarait sur le site, mais cette fois-là, il avait une plus grande ampleur. Les pompiers se trouvaient encore dans le bâtiment quand une partie de la structure s’est effondrée. C’est le phénomène du "flashover", un embrasement généralisé éclair.

Aucune stratégie sûre

Sur le déroulement de l’incendie, il ressort que le lieu d’origine de l’incendie était très vaste et de grandes quantités de fumée se sont répandues dans l’ensemble du bâtiment. Le feu et la fumée ont pu atteindre de différentes manières le faux-plafond et la toiture. De plus, il a été découvert que les flammes se sont rapidement propagées après que la toiture ait commencé à se désintégrer causant son effondrement. Quant à l’intervention des pompiers, le bâtiment était complexe. L’officier s’est chargé de déployer les différentes équipes, qui ont réalisé un bon travail. Enfin, peu de temps après, plus aucune stratégie n’était sûre.

Dans ce rapport, 21 recommandations ont été formulées par trois experts indépendants spécialisés dans le domaine des incendies afin d’améliorer les procédures d’intervention et les formations existantes. Parmi celles-ci, l’établissement d’un mot de code si une évacuation immédiate doit avoir lieu. "Par exemple, si quelqu’un réalise qu’il faut évacuer, actuellement, il n’a pas les moyens de le communiquer à tous ses collègues. Dans ce cas-ci, le mot-clef ‘EVAC, EVAC, EVAC’ va être introduit. Quand ce message passera à la radio, les personnes se trouvant sur place seront mis au courant , explique Karel Lambert, co-auteur du rapport sur l’incendie de Beringen. Mais il ne suffit pas d’agir, il faut également réagir. C’est pour cette raison que les experts aimeraient développer une méthode sur la façon de traiter un message de détresse (Mayday).

Les caméras thermiques, comme les boîtes noires

L’intégration d’exigences techniques supplémentaires pour les futures caméras thermiques est la deuxième recommandation mise en place. En effet, pour l’instant, les enregistrements des caméras thermiques sont limités à deux heures puisqu’après les images sont perdues. Les experts recommandent une plus grande capacité d’enregistrement des caméras thermiques. "Avec 8 heures, voire 12 heures d’enregistrement, cela permettrait de ne pas perdre les données", poursuit Karel Lambert. De plus, les experts aimeraient que les images soient envoyées vers l’extérieur afin qu’un conseiller puisse les analyser sur un grand écran depuis chez lui et qu’il puisse donner un avis sur la situation. Ces caméras peuvent être utilisées comme des boîtes noires.

"Lorsqu’il y a un crash d’avion, la boîte noire enregistre tout : les conversations des pilotes, les données comme la vitesse, l’altitude et l’angle. Les ingénieurs vont en faire l’analyse. Pour cet incendie, nous avons reçu une des caméras thermiques. Sans ces images, nous n’aurions eu que des hypothèses", dit-il.

D’autres recommandations vont bientôt être analysées notamment une évaluation approfondie des protocoles d’intervention en cas d’incendie de longue durée. Les pompiers peuvent décider de faire brûler entièrement un bâtiment s’ils ne disposent pas d’une vue d’ensemble.

Le recours à l’utilisation d’un "tableau blanc  comme celui utilisé dans l’enseignement est également un moyen d’avoir une idée claire de la situation à laquelle font face les pompiers lorsqu’ils interviennent dans un bâtiment complexe. L’intégration de facteurs humains dans la formation des pompiers est aussi une des 21 recommandations formulées par les experts. En effet, lors des interventions, ils perdent par exemple la notion du temps, ce qui pose un problème lorsque l’appareil connecté à l’appareil respiratoire du pompier a une capacité de 45 minutes environ.

Une journée d’étude dédiée aux conclusions à tirer de l’incendie de Beringen sera organisée par un des organismes du SPF Intérieur.

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