Quelle recette pour les auteurs et éditeurs belges en 2019?

La Foire du Livre de Bruxelles ouvre ses portes au public aujourd'hui avec des rencontres, des dédicaces, des écrivains très connus ou des écrivains encore méconnus. Ils viennent de Belgique ou d'ailleurs. Mais à l'heure actuelle, comment les auteurs et maisons d'édition belges tirent-ils leur épingle du jeu ?

"Il y a une recette générale, que ce soit pour les auteurs ou pour les éditeurs, c'est qu'il faut se bouger. Il y a beaucoup d'auteurs d'abord et d'éditeurs ensuite qui pensent que dès qu'un bouquin est publié, on le largue dans l'océan de la librairie et ça fonctionnera bien parce qu'il est diffusé et distribué", constate Xavier Vanvaerenbergh, dirigeant et créateur de la maison d'édition belge "Ker édition". Selon lui, "c'est là que le boulot commence. Il faut aller trouver les libraires, il faut aller trouver les centres culturels, les bibliothèques, les journalistes".

La France, the place to be?

Selon Thierry Bellefroid, journaliste spécialisé dans la littérature et présentateur de l'émission Livré à Domicile, le succès d'un auteur belge est généralement favorisé lorsqu'il est édité dans une maison d'édition étrangère. "On n'est jamais mieux servi que quand on vient de l'extérieur", s'amuse-t-il. "C'est assez étrange, mais le libraire belge préfère un auteur belge qui est édité chez un éditeur français qu'un auteur belge — le même parfois — édité dans une maison belge." Il estime d'ailleurs que jusqu'ici "il n'y a pas photo", le rendez-vous avec le succès se déroule plutôt en France et moins en Belgique.


►►► À lire aussi Pour ses 50 ans, la Foire du livre de Bruxelles se met à l'heure du futur


Si Xavier Vanvaerenbergh prône qu'il faut "se bouger", il a démarré au-delà des frontières belges. "Mon objectif à moi était vraiment de lancer une maison littéraire généraliste en Belgique, mais pas belge en soi. Cela dit, plus récemment j'ai lancé une collection qui s'appelle justement Belgique, qui sont des recueils de nouvelles écrits par des auteurs pas nécessairement belges, mais jusqu'à présent exclusivement belges."

Une autre échelle

Le marché français offre surtout l'accès à des tirages plus importants. "'La vraie vie' (Roman de Adeline Dieudonné, ndlr), a été publié à L'Iconoclaste, qui n'est pas la plus grande maison au niveau ni de sa taille ni de ses moyens. C'est un fait important parce qu'on arrive maintenant à 185.000 exemplaires vendus sur un premier roman", raconte Thierry Bellefroid.

"Moi, de manière générale, mes tirages tournent aux alentours de 2000, et après ça on réimprime forcément si ça fonctionne bien", compare le dirigeant de "Ker édition". D'autant que ce tirage, permet une couverture assez importante pour le marché belge avec une légère incursion en France.

"Je n'ai jamais eu vraiment tendance à me plaindre du marché francophone belge. C'est sûr qu'il y a un certain complexe d'infériorité, je pense, à tous les niveaux, que ce soit les auteurs ou les éditeurs, vis-à-vis de la France, mais pour le reste on fait avec", concède-t-il néanmoins. "Moi, ça fait 10 ans que je suis dans le métier et que j'en vis. On déploie simplement des stratégies différentes. Moi, je fonctionne beaucoup avec les écoles notamment, et ça fait qu'on pénètre par où on peut."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK