Quelle prévention pour les baptêmes estudiantins ?

Quelle prévention pour les baptêmes estudiantins ?
Quelle prévention pour les baptêmes estudiantins ? - © rtbf

La période des baptêmes étudiants se termine, l'occasion pour les nouveaux de vivre intensément le folklore. Mais il arrive parfois que certaines activités dérapent frôlant parfois le drame. L'an dernier à Liège, une étudiante de la faculté vétérinaire a failli mourir après avoir bu une énorme quantité d’eau. L’affaire avait fait grand bruit et remis en question certaines pratiques. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Depuis la rentrée, les activités de baptêmes sont en pleine effervescence. Nous avons tenté de promener notre caméra à l’ULB et à l’ULG où le spectacle est très semblable : on y trouve des "bleus" et des dizaines d’anciens qui perpétuent un certain type de traditions estudiantines. On y voit souvent les nouveaux étudiants accroupis tête au sol; posture de soumission appelée "gueule en terre".

Le jeu du secret

Lors de ces activités les cameras ne sont clairement pas les bienvenues et on nous demande de couper et de nous en aller. Pour Adrien, étudiant liégeois, il faut suivre la règle qui selon lui précise que seules les personnes baptisées peuvent regarder les bleusailles. "Nous n’avons rien à cacher, nous jouons juste sur le secret qui doit le rester", précise-t-il.

En Belgique, ce fameux secret des baptêmes cache parfois des excès. Humiliation, bains complets dans du sang et des viscères d’animaux ou mise en bouche d’organes divers et variés.

C’est lors de ce genre d’épreuves que l’on est passé à deux doigts du drame à Liège en septembre 2013. Après avoir bu une quantité énorme d’eau, une étudiante a été admise aux urgences dans le coma. La réaction du recteur de l’époque, Bernard Rentier, fut immédiate : "ils ont été au-delà de ce que la personne accepte de faire. Pour moi cela s’apparente à de la torture. Je ne peux pas supporter ça dans mon université". Les baptêmes ont alors été suspendus durant quelques semaines à Liège, mais très vite le cours normal des choses a repris.

Un service de qualité de la vie à l'ULG

Le nouveau recteur de l’ULG, Albert Corhay, souhaite lui aussi éviter les drames, mais il admet que tout n’est pas facile à contrôler. Pour lui, il n’y a pas de débordement, mais, dit-il, "il arrive que certaines activités se déroulent en-dehors des activités normales des baptêmes. Là ça peut déraper. Si cela se passe hors milieu universitaire, nous n’avons aucun contrôle". Pour tenter de prévenir les situations extrêmes, l’université de Liège a mis sur pied un service dit "de qualité de la vie", qui organise notamment des activités pour sensibiliser les étudiants à différentes problématiques telles que l’alcool ou la drogue. "Ces personnes peuvent interagir directement avec les comités de baptêmes", précise Albert Corhay.

Une campagne de sensibilisation créée par des étudiants

A la grande soirée de rentrée de l’université Saint Louis à Bruxelles, la sensibilisation aux risques liés à l’alcool et à la drogue étaient au premier plan. Emilie Walewyns de l’ASBL Modus Vivendi rappelle la campagne "Drink different" de l’an dernier où des étudiants de Saint Louis s’étaient déjà mis autour d’une table pour réfléchir à la manière de créer leurs messages pour prévenir des risques.

I.L. avec E. Allaer et B. Carlier

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